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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 19:33

Laissez-moi vous conter une aventure palpitante qui m’advint hier. Figurez-vous que je croisai un mien camarade avec lequel j’aime à m’entretenir. A l’instar de Michel de Montaigne et de La Boétie (La Boétie dont le premier qui me donne le prénom gagne son poids en Petits Filous à la fraise) à l’instar, disais-je, de Michel de Montaigne et de La Boétie, nous évitons les échanges relatifs au tiercé dominical pour nous concentrer sur des sujets spéculatifs à haute valeur ajoutée : il me parle d’actualité, je lui parle de moi, il me parle de politique, je lui parle de moi, il me parle d’économie, je lui parle de moi, il me parle de diplomatie, je lui parle de moi, nous nous concentrons uniquement sur des sujets passionnant, notamment en ce qui me concerne.

A peine l’entrevis-je donc hier qu’il me dit tout de go :

-Ventre Saint Gris, vous ne pûtes manquer de l’ouïr, c’est le grand retour !

Les auditeurs ou lecteurs attentifs auront de suite noté qu’à l’instar de Michel de Montaigne et de La Boétie, nous nous efforçons également d’user d’un langage châtié jusques dans nos propos pour ne pas faillir à notre réputation d’élégance.

-Il fait son grand retour, répliquai-je, oui, Pif Gadget fait son grand retour mais nous en parlâmes déjà la semaine passée, je me fendis même d’une chronique sur le sujet.

-Fichtre non, tonitruai mon interlocuteur, je ne vous parle pas de Pif Gadget !

-Alors de quel retour me parlez-donc mon ami ? Du retour des feuilles mortes ? Oui, elles arrivent et même si les sanglots longs des violons de l’automne n’ont pas encore blessé mon cœur d’une langueur monotone, je ne vois jamais sans nostalgie poindre le pourpre et l’or aux branches des arbres, eux qui annoncent les prochains frimats…

Comme je voyais mon ami incrédule, j’interrompis cette romantique déclamation pour chercher quel retour pouvait bien l’intéresser à ce point.

Etait-ce le retour de l’Ecosse au bercail d’un Royaume presqu’Uni ? Je dois dire que les Ecossais ont eu, à mon avis, bien raison de ne pas se séparer de leurs perfides voisins. Tout d’abord, l’île des Royaumunisiens n’aurait pas ressemblé à grand-chose amputée de sa moitié nord. Ensuite, se fussent-ils séparés des Anglais, mais qui auraient-ils donc pu détester, les bouffeurs de haggis enkiltés ?

Voulait-il donc me parler d'un autre retour, le retour de manivelle, subi par l’infortuné « Moi Président » qui confiait la semaine passée à un parterre intime de 350 journalistes que « c’est pas facile », expression où perce une profondeur de pensée abyssale qui n’a pas été sans me rappeler le pénétrant « les impôts c’est beaucoup donc ça devient trop » ?

-Vous n’y êtes pas du tout ! s’interloqua-t-il, au bord de l’apoplexie. Je vous parle du retour de Sarkozy.

Je dus lui avouer humblement que je n’y étais pas du tout. Quelle incroyable nouvelle en effet : elle m’a fait l’effet d’une réelle surprise, un peu comme s’il me surprenait le matin que le soleil se lève. Sarko est tombé dans la marmite quand il était petit. Qui aurait-pu penser qu’il s’arrêtât un jour ? Certainement pas ceux qui regrettent de voir les politiques occupés à se regarder le nombril plutôt qu’à nous parler d’avenir.

Je crois que j’ai perdu un ami, hier.

La semaine prochaine, je me demanderai ce que les Valls deviennent quand le clairon allemand leur joue « Ramona ».

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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