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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 06:15

De retour ce matin ! C’est la rentrée après tout, pourquoi ne serait-ce pas la mienne, même si à l’aube de ma vingt-neuvième année, je commence à avoir passé l’âge de fréquenter les bancs de l’école ? Remarquâtes-vous que je me tus au printemps. Oui, moi qui ai tant de mal à ne pas ramener ma fraise, je me tus. Je me tus à peu près à l’époque où le grand Jean Marc Ayrault quittait l’hôtel Matignon.  Jean Marc Ayrault, pour reprendre le mot de Pierre Desproges, c’est quand même l’homme qui restera au poste de Premier Ministre ce que les têtes de con sont à l’Ile de Pâques : un monument.

Je mis en œuvre à l’époque la même stratégie que Manuel Valls : fermer ma grande bouche. Pas pour les mêmes raisons certes, mais le résultat était le même : vous n’entendîtes, les mois passés, parler ni de lui ni de moi. Cependant, comme lui ce week-end, je pris de la décision de sortir de ma réserve.

Je ne sais si vous y prêtâtes attention car entre un infanticide, une explosion au gaz et un kidnapping familial, l’actualité nous a laissé peu de répit, mais ce week-end, Manuel Valls est sorti de sa réserve.  Vous remarquerez d’ailleurs comment la langue française est bien faite, elle qui parle en l’occurrence de « sortir de sa réserve ».

On connaissait les réserves naturelles, les réserves d’indiens, on sait maintenant qu’il existe en France une réserve des gens qui soutiennent encore « Moi Président ». Ils ne sont certes pas nombreux, c’est la raison pour laquelle on dit de celui qui se montre en public qu’il « sort de sa réserve ». Ils ne sont pas nombreux et méritent donc, au même titre que le scarabée pique-prune,  toute l’attention des entomologistes. On se demande même si on ne va pas demander leur inscription au patrimoine mondial de l’humanité, histoire qu’un jour on puisse se souvenir que des gens a priori comme vous et moi ont pu servir de soutien à cette synthèse de l’inconsistance que constitue à lui seul « Moi Président ».

Manuel Valls est donc sorti de sa réserve bien qu’il soit, en ce moment comme toujours, copieusement occupé à détricoter. Détricoter c’est une grande passion de la gauche depuis 2012. Défaire ce que les autres avaient fait, c’est presque une raison d’être, c’est en tout cas un moteur formidable. Et l’on vient d’ailleurs de passer un nouveau stade puisque Manuel Valls commence à détricoter les propres lois du gouvernement Ayrault, auquel il appartenait lui-même. On ne va certes pas se plaindre d’un éclair de lucidité lorsqu’on jette aux orties une partie de la loi Duflot, mais quand l’action gouvernementale se résume à défaire ses propres conneries, on peut se poser des questions légitimes sur les raisons qui pourraient pousser le peuple à perdre confiance en ses dirigeants.

Trêve de digression,  je vous disais donc que Manuel Valls sortit de sa réserve ce week-end pour dire aux militants socialistes que « Moi-Président » méritait « toute notre affection », sic. Oui, toute notre affection. Pas notre respect, pas notre admiration, pas notre attention, non, notre affection. Notre affection, comme un gentil benêt que sa famille devrait entourer parce que le monde extérieur est plein de méchants qui lui veulent du mal. Sincèrement, est-ce là tout ce que vous avez trouvé, Monsieur Valls, pour nous parler du président de la république ? En ce qui me concerne, « Moi-Président » est un véritable sujet d’affliction. Je veux encore bien partager avec lui mes infections. Mais mon affection, croyez-moi, faudrait-il que je sois seul au monde et désespéré pour qu’il en devienne l’objet.

La semaine prochaine je vous parlerai de l’influence des ABCD de l’égalité sur le progrès du port du kilt dans la partie méridionale de l’Ecosse.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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