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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 20:55

Dansons ! Dansons pour plaire, dansons pour nous amuser, dansons pour nous étourdir, dansons pour oublier nos tracas quotidiens. La France cigale, qui chante depuis de trop longs étés, suit maintenant les conseils avisés de la fourmi de La Fontaine :

"Vous chantiez, j’en suis fort aise,

Eh bien dansez maintenant !"

Dans les salons de la république, la danse est à la mode, et les maîtres de ballets ne manquent pas. Honneur aux dames, Ségolène Royal s’est remarquablement sortie d’une difficile « valse à rétropédalage intégré », un exercice périlleux mené avec brio et en trois temps, comme toute valse qui se respecte. Premier temps : je te ponds l’écotaxe que je remballe après avoir mis la Bretagne en émoi. Deuxième temps, je te re-propose une nouvelle écotaxe baptisée pour la circonstance « péage de transit poids lourds ». Troisième temps : trois pelés et deux tondus ont à peine menacé de mettre leurs camions en travers de la route que je te retire mon projet. La musique était douce, le pas cadencé, l’affaire fut emmenée avec talent et le jury a particulièrement apprécié la rapidité de la volte-face finale. D’avis de connaisseur, Strauss lui-même se serait certainement incliné devant cette grâce et cette légèreté. Légèreté est bien le mot, car tant de légèreté pourrait même confiner à l’inconséquence...

Oui, la valse a le vent en poupe, la valse mais aussi le madison. Le madison, cette danse qui permet de s’agiter en groupe sans jamais vraiment quitter sa place, devient un mode de fonctionnement à part entière, et qui n’a d’ailleurs pas que des défauts. Il permet en effet de s’occuper - on sait que l’oisiveté est la mère de tous les vices - et en même temps, il permet de ne rien faire puisqu’on finit toujours par revenir à son point de départ. Or, ne rien faire, c’est quand même un moyen de gagner en popularité comme l’avait bien compris un Corrézien nommé Chirac, expert en immobilisme et en dissolution hasardeuse.

« Alors on danse » chantait Stromaé. Oui, on danse : java, boogie, zumba, fox trot, paso doble et autre tango avec genou à tête chercheuse, on danse même tellement qu’on pourrait parfois se prendre les pieds dans le tapis. Ainsi, alors que la croissance économique semble l’adepte d’une seule danse, le slow, la chorégraphie du prochain spectacle de l’assurance-chômage ne paraît-elle pas encore bien rôdée. Cela ne saurait relever d’un manque d’ordre, puisqu’on a vu sur la scène des ordres, des contrordres, et même des rappels à l’ordre : Valls qui veut secouer les conservatismes, Hollande qui en a soupé d’avoir des idées et qui pense clouer le bec à tout le monde, Macron à contretemps (c’est son côté danseur de samba) qui en remet une couche, Rebsamen qui trouve enfin une occasion de s’exhiber autrement que lors d’une énième danse macabre à l’annonce des nouveaux chiffres du chômage… Valls, Hollande, Macron et Rebsamen : quatre danseurs, quatre pas différents ! Oui, à trop danser, on peut finir par s’emmêler les crayons !

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence de l’œuvre de Bernard Menez sur la pensée structuraliste post-moderne.

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Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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