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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 07:02

Le gouvernement lance son plan anti-tabac. Au moins, pendant qu’il fait ça, il n’est pas au bistrot. J’apprécie, Madame la Ministre, « vos luttes » de fumée. Cependant, ce n’est pas parce que la cause est juste qu’on est à l’abri de faire n’importe quoi , comme cette belle annonce qu’il sera bientôt interdit de fumer dans une voiture dans laquelle se trouve un enfant de moins de douze ans. Quand j’ai entendu ça, j’ai craché de surprise et de révolte la fumée de ma cigarette à la figure de ma fille qui, Dieu merci, vient d’avoir 13 ans.

Mais quand va sonner la révolte des consciences ? Quand allons-nous cesser de ployer sous le joug de cette administration omnipotente, dont nous sommes les sujets abêtis, et qui, chaque jour un peu plus, s'immisce dans nos vies ? Est-ce que je leur demande à ces inquisiteurs de la santé publique s’ils se lavent les mains après avoir pissé, s’ils mettent la main, préalablement lavée, devant la bouche quand ils toussent, s’ils ne se mouchent pas dans les rideaux, s’ils n’ont pas vu la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave ? Jusqu’où s’arrêteront-ils se demandait déjà Coluche ?

La manie de créer des normes, de tout réglementer a cependant ses limites et l’on perçoit déjà les failles du système : douze ans ? Pourquoi pas onze ou treize ? Pourquoi que les enfants ? Pourquoi pas les animaux ou les vieillards cacochymes ? Le hic de cette nouvelle norme, par exemple, c’est qu’elle permettra de s’en griller une en conduisant à sa séance de chimio un aïeul cancéreux du poumon en phase terminale, mais qu’elle ne répond pas à la question suivante : que faire si au fond d’une cité un gamin de douze ans pique une voiture, m’invite à y monter et m’offre une cigarette ?

Le drame de la santé publique, c’est qu’au Royaume de l’assistanat et de la redistribution, les humbles sujets de Sa Majesté La Justice Sociale n’ont pas d’autre choix que de se soumettre à sa terrible férule. Puisque la santé publique se réduit, au final, à un problème comptable, l’Etat contributeur est en mesure de régenter notre vie parce qu’il est devenu et notre médecin et notre mécène. Aujourd’hui la cigarette en voiture, demain la marche à pied, après-demain le coït : à accepter que la loi investisse le moindre recoin de nos vies, nous nous précipitons dans la servitude.

Quand sonnera donc la révolte des hommes libres ? La révolte de ceux qui rêvent d’une société de responsabilité, d’une société qui n’abandonne ni sa liberté ni sa dignité dans les mains d’un Etat tutélaire, d’une société peuplée d’hommes et non d’assujettis sociaux qui viennent en troupeau recevoir la becquée de la subsistance publique ?

La semaine prochaine, je vous entretiendrai de mon beau pays où les djihadistes de retour de Syrie ont l’air libre pendant que les voyageurs nationaux ont l’air piégé et que les nantis ont l’Air France.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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