Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 21:58

Notre premier ministre se promène de capitale européenne en capitale européenne,son petit cartable sous le bras, tel le cancre moyen que le surveillant général a obligé à faire la tournée des profs pour s’excuser de son comportement, et il martèle de Londres à Berlin le même message : « j’aime les entreprises ». A cela, deux remarques.

La première est que son amour des entreprises reste, pour les chefs d’entreprises, d’une rare discrétion. Si amour il y a, il s’agit d’une histoire parfaitement platonicienne qui pourrait appeler de la part de « l’être-aimé-sans-le-savoir » l’envie de plus amples démonstrations, voire d’un peu d’effusion, tout le monde s’en porterait tellement mieux.

La seconde est que la sortie de Valls rejoint en tout point une interview que Moi-Président avait livrée au Guardian avant l’élection présidentielle de 2012 dans laquelle il avait déclaré aux Anglais inquiets : « la gauche a gouverné quinze années pendant lesquelles nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. »

Dont acte. N’auriez-vous pas l’impression qu’il s’agirait là de quelque chose qui ressemblerait à s’y méprendre à un double langage ?

C’est un peu comme si à l’étranger nos dirigeants devaient être sérieux, posés, cohérents et crédibles et comme si ici, ils pouvaient se lâcher, raconter n’importe quoi.

La traversée du Rhin ou de la Manche doit être dangereuse car elle leur est souvent funeste : de retour en France en effet, impossible de les entendre tenir un discours, surtout s’il est électoral, de vérité. Ils ne peuvent s’empêcher de promettre n’importe quoi, de s’accrocher à leurs vieilles lunes, de nous faire croire que l’emploi public et le déficit vont nous sauver, de désigner « la finance » comme leur ennemi, d’inventer, un jour de meeting électoral, une taxe à 75% qui assèche le pays parce que quand on aura fini de faire fuir les riches il sera difficile de partager de la richesse.

Tout cela pour quoi ? Prennent-ils à ce point les Français pour des demeurés immatures éternellement insatisfaits ? Pourquoi s’obstiner ainsi à tourner le dos à la réalité ? Pourquoi s’arc-bouter sur des préjugés idéologiques qui nous condamnent à terme ? Pourquoi confondre projet et utopie, avenir et rêve ?

Pour donner des gages à la gauche de la gauche où l’on nous explique que nous gagnerons plus parce que nous travaillerons moins, où l’on pense qu’il suffit de parader en marinière « Made in France » et d’invectiver les patrons pour s’improviser redresseur de l’industrie française, où l’on n’en peut plus de s’égosiller contre l’austérité.

Mais comment oser parler d’austérité quand le déficit public n’en finit pas de se creuser et devrait, cette année, tutoyer les 100 milliards d’euro ? Comment oser parler d’austérité quand on continue, aujourd’hui comme depuis 30 ans, à vivre au-dessus de nos moyens ?

Les politiques d’austérité échouent proclament leurs pourfendeurs. La vérité c’est qu’elles n’ont jamais été eu cours en France. Sinon, nous connaitrions, comme Londres et Berlin, la croissance économique et un faible taux de chômage.

Permettez que je m’étrangle quand j’entends les grands discours de la gauche bien-pensante, celle qui habite les beaux quartiers, qui vote Mélenchon ou Duflot, celle qui pullule dans les media, celle qui a abandonné depuis longtemps le peuple, qu’elle méprise, au Front National, celle qui fait le malheur des petites gens à cause d’un égalitarisme forcené qui ne permet qu’aux mieux-nés de bien s’en sortir et rend vaine toute idée de mérite.

C’est contre tout cela qu’un peu de courage et de lucidité nous ferait du bien, et pas seulement lorsque vous êtes en déplacement à l’étranger, messieurs nos gouvernants et prétendants à l’être.

La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire de Brigitte Lahaie qui fait la promotion de l’abstinence, une histoire directement inspirée de celle de Pierre Moscovici qui donne des leçons de discipline budgétaire.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Groupe de supervision 14/10/2014 01:52

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez

Fabrice DAYRON 14/10/2014 08:13

Merci !

laurenced 08/10/2014 07:25

Travaillant pour un établissement public, je peux confirmer que les baisses de 15 à 30% de budget sont effectives sans aucun discernement…alors moi, petite gens, je vais me balader à http://www.bellibulle.com/accueil/wp-content/uploads/PRE-PROG-ALTERNATIBA_RV.pdf ce week end et je ne pars pas en Europe….

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages