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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 21:43

Noël approche. Le temps va suspendre son vol. Dans quelques jours, et pour quelques jours, nous allons vivre dans une atmosphère de fêtes, nous immerger dans un monde de champagne et de foie gras, d’huîtres et de dindes (non Najat, rendors-toi). Le temps va suspendre son vol pour nous laisser vivre des instants de partage, dans le confort douillet des petites attentions, dans la moelleuse béatitude de la gentillesse et des bonnes intentions.

Après tous ces repas un peu trop riches et un peu trop arrosés, nous roterons ensemble nos regrets de la vie brisée de deux pauvres otages Australiens. Nous éructerons sur l’avenir bien bouché du royaume de France ; Hollande se fera certainement tailler des costards autour des sapins domestiques, ça peut toujours être utile en hiver. Nous digèrerons sur la croissance qui n’est pas là ; nous flatulerons sur le microclimat de Lunel où la production de djihadistes est devenue une véritable spécialité locale, un peu comme la porcelaine à Limoges ou le pruneau à Agen. Nous "borborygmerons" à la mémoire de ces pauvres enfants Pakistanais rappelés à Dieu par des missionnaires du diable. Nous lèverons nos verres à la connerie de ces soi-disant « libres penseurs », prisonniers de leur intégrisme, en regardant la crèche sinon comme un signe d’espoir, au moins comme un point fixe, une continuité qui relie hier à aujourd’hui, comme une partie de ce que nous fûmes et de ce que nous sommes et non comme une menace à une laïcité version surannée.

Et puis nous reviendrons, dans quinze jours, fatigués de tant d’excès, la bedaine aggravée, le tour de taille éreinté, nous reviendrons reprendre pied et place dans une réalité que la magie de Noël nous aura permis d’oublier l’espace d’un instant. Nous cheminerons vers les grandes vacances avec une escale à Pâques, puis encore un prochain Noël avec peut-être cette fois un enfant trop loin ou un parent trop malade pour être là. Si l’on peut avoir l’impression que des choses particulièrement graves et irrémédiables se produisent, il n’en reste pas moins difficile de croire un instant que le monde puisse basculer, que l’irréparable soit en train d’advenir dans ces moments que l’éternité semble nous accorder comme une grâce. Il est dur d’admettre, ou de comprendre, que nous sommes peut-être les derniers représentants d’un temps révolu. Les yeux pleins de cholestérol et la panse lourde des agapes familiales, notre mé-conscience du monde qui bouge nous aide à le mieux supporter.

L’année prochaine je vous raconterai l’histoire de la péripatéticienne qui s’interroge sur ce qu’elle va pouvoir demander au Père Noël et qui se dit au final qu’elle lui demandera 80 €, comme aux autres clients, y a pas de raisons ! Bonne vacances à vous.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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