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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 21:50

On ne dira jamais assez l’heureuse influence de la modernité sur notre vie. Je me faisais la remarque récemment lorsqu’une voix électronique m’informa de l’exacte position de l’ascenseur dans lequel je me trouvais, à l’intérieur d’un parking souterrain : or, en considérant le nombre d’aveugles qui doivent venir y garer leur voiture, une telle invention est loin d’être inutile.

Il ne faudrait cependant pas parler trop vite car les voitures sont maintenant capables de rouler toutes seules, ce qui nous permettra, j’espère au plus tôt, de rentrer chez nous tranquillement avec un gramme dans chaque bras, et si ça ce n’est pas un vrai progrès, je veux bien manger mon chapeau !

N’avez-vous jamais peiné, enfant, pour sortir intact les biscuits "Prince" de leur paquet rond ? Du premier au troisième, c’était facile, mais après, comment faire ? La main n’allait pas assez loin. On ne pouvait pas la glisser sur les côtés trop étroits d’un emballage trop rigide. Restait la solution de retourner le paquet mais c’était prendre le risque d’assister à la chute du biscuit suivie de l’immense frustration de devoir manger un gâteau écorné. Mais ça, c’était avant, comme dirait un opticien que je connais bien, c’était avant la modernité ! Oui, la modernité, c’est la languette repositionnable au bas des paquets de biscuits qui vous permet d’extraire sans encombre l’objet de votre gourmandise.

Sans la modernité, que seraient devenus les marins de la Route du Rhum ? Même si les nouvelles dispositions sur l’interdiction du port du voile ont pu lui causer quelque tracas, Loïck Peyron n’aurait pu, sans les instruments modernes de pilotage, traverser l’Atlantique de Saint Malo à Pointe-à-Pitre en 7 jours 15 heures et 8 minutes comme il le fit dernièrement. Et sans la modernité, qu’aurait fait Vincent Lantin, le bon dernier de la même course, à peine arrivé à l’heure où je vous parle, avec 3 semaines de retard sur le premier ? Le pauvre a tant connu d’avaries, tant passé de temps à attendre, qu’il a même confié à la presse avoir lu l’intégralité du manuel du GPS de son bateau. Et je pose la question : mais que pouvaient donc lire les marins de Surcouf et ceux de Christophe Colomb pendant leurs lointaines pérégrinations ?

Sûrement pas le livre de Valérie Trierweiler, et là aussi, ce n’est pas l’un des moindres avantages du monde moderne : réjouissons-nous car les masses populaires étrangères vous pouvoir savourer l’immense ouvrage de la susnommée. En effet, « Merci pour ce moment » va être (ou a déjà été) traduit en onze ou douze langues. Les media ne sont pas d’ailleurs pas tous d’accord sur le nombre de traductions mais là n’est pas l’essentiel, puisque pour paraphraser Muriel Robin, onze ou douze langues, on n'est pas à une près et ça fait déjà beaucoup. Oui, réjouissons-nous ! On annonce des traductions en chinois, en russe, et même en albanais : diantre, faut-il que les Albanais n’aient rien à se mettre sous l’œil pour se voir infliger une telle littérature ! Le nombre de lecteurs n’a pas fini de grimper, un peu comme la bêbête à François quand il pense à sa Julie Gayet, et je vous invite à découvrir un site internet enthousiaste et sérieux puisqu’il s’appelle « non-stop-people.com » qui mentionne à deux reprises les « 500 millions d’exemplaires » (sic) dudit ouvrage vendus en France : cela signifie que chaque Français en posséderait personnellement à peine dix exemplaires. Qu’on ne s’étonne pas que l’auteur d’une telle brève ose s’intituler « journaliste », c’est aussi cela la modernité !

La semaine prochaine, je vous démontrerai que l’interdiction du redoublement est un excellent moyen d’améliorer le niveau des élèves à l’école.

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commentaires

Info 02/03/2015 13:35

hehehe rigolos et bien écrit Fabrice! ;)

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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