Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:11

Manuel Valls a peur. Pauvre biquet ! Quelqu’un pourrait-il lui apporter son doudou ou laisser la lumière allumée pour qu’il cesse de cauchemarder ? Manuel Valls a peur. Pas mal pour un Premier Ministre que de tenir ce genre de discours : drôle de façon de galvaniser les foules, surprenante manière d’enthousiasmer les masses, étonnant moyen de rassurer, d’inspirer confiance à des Français déjà prompts à douter de tout.

Ce n’est pas la première fois que Manuel Valls se trompe de registre. A la rentrée déjà, il avait exhorté ses concitoyens à prendre pitié de François Hollande en disant qu’il méritait notre « affection ». Notre affection, sa peur, jouer sur le registre des sentiments n’est ni sain, ni digne.

Sauf à parler d’enthousiasme ou de bonheur, il n’est pas sain de faire appel, quand on dirige un pays, à l’affect : cela ne tire pas le débat public vers le haut. Dans un moment et dans une fonction, où, plus que tout, il faut savoir raison garder, étaler sa peur ou réclamer notre affection est consternant, déplacé, navrant, triste, inconséquent. Lorsque le bateau prend l’eau, le rôle du capitaine n’est ni de courir le premier vers les chaloupes ni de nous infliger ses angoisses.

Ce n’est pas sain, et ce n’est pas surtout du niveau d’un Premier Ministre, que d’avoir pour seul leitmotiv public, face à une déculottée électorale annoncée, la peur. Est-ce la seule chose qui vous reste Monsieur Valls, que ce trouillomètre à zéro pour en faire ainsi étalage ? Votre bilan, qui est aussi celui de Moi-Président, ne serait-il donc pas si formidable ? N’avez-vous pas d’autre argument à faire valoir pour quémander des voix que la peur de l’autre ? Est-ce bien vous, le dirigeant moderne, énergique et volontariste de la France qui n’a à lui offrir comme seul espoir et horizon que la peur ?

Terrifiant aveu qu’un Valls qui pétoche ! Car Marine Le Pen doit tant à la gauche : elle n’est en grande partie que le produit de ses mensonges électoraux, de ses promesses intenables et irréalistes, de lendemains qui devaient nécessairement déchanter. Elle est le reflet de l’incompétence de notre classe politique. Sans l’incurable nullité de nos dirigeants, elle naviguerait dans l’ombre ou végèterait dans des scores mélenchonesques.

De façon terriblement factuelle, le Front National doit sa prospérité à la gauche : Mitterrand lui a permis d’entrer à l’Assemblée Nationale, cinq années de gouvernement Jospin ont propulsé Jean Marie Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, et enfin aujourd’hui, après trois ans à peine d’un quinquennat proprement catastrophique, Marine Le Pen atteint des sommets. Mais le scénario rêvé, imaginé par le machiavélique François Mitterrand, celui d’un Front National qui laisserait un boulevard à la gauche en étouffant la droite traditionnelle, ce scénario auquel Moi Président semble lui-même se raccrocher, ce scénario est en train de tourner au mauvais film : la créature diabolique de la gauche est en passe de devenir le fossoyeur de son mentor.

La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire des Argentins fourbes : des hommes qui sont un peu rotors…

Partager cet article
Repost0

commentaires

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages