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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:30

Nom d’un cheval, l’actualité aurait de quoi désarçonner les plus belles intelligences, si tant est que l’on puisse définir ce qu’est une belle intelligence ou arriver à sa connaissance autrement qu’en chantant avec Brassens que « ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons ».

Comme le rappelait Aristote, et aussi ma grand-mère (mais elle eut moins de postérité éditoriale), il est des évidences qui ne se prouvent pas, et j’en veux pour preuve ce récent sondage sur le mouvement de grève des médecins qui s’opposent notamment à la généralisation du tiers-payant.

La généralisation du tiers payant reste quand même, au royaume de l’assistanat, le point de passage obligé de l’érection d’une médecine d’Etat dont l’efficacité crève les yeux, si l’on mesure par exemple le succès du système de santé anglais ou cubain, pour ne pas parler de celui regretté de la défunte U.R.S.S., mais mettons de côté aujourd’hui et l’érection et le débat philosophique pour revenir au susdit sondage, selon lequel, je n’invente pas, 60% des Français se prononcent en faveur de la généralisation du tiers payant pendant que 55% des Français se déclarent solidaires avec les médecins en grève.

Si 60% des gens sont d’accord avec une idée, et qu’en même temps 55% des gens sont d’accord avec une idée contraire, nous pouvons donc en déduire avec Jean-Marc Ayrault et Mireille Matthieu que nous sommes 115% en France, ce qui est une bonne nouvelle et confirme la vitalité, voire même la tonicité de la démographie française.

Nous pouvons également penser que les Français souffrent du syndrome dit de « toutes les mêmes, sauf maman » qui transforme le regard désapprobateur jeté sur un cas universel en un regard beaucoup plus tendre, compréhensif, sur le cas particulier de celui ou de celle que l’on connaît pour le fréquenter assidûment.

Nous pouvons enfin penser que des résultats aussi surprenants trahissent l’incommensurable stupidité des Français et je m’interroge donc : mais comment font-ils pour être aussi bêtes ? Comment font-ils ? Eh bien, ils regardent la télé, ça suffit. Le discours politique résonnait ces derniers jours autour de deux paradigmes : Marine Le Pen d’un côté, Zlatan Ibrahimovic de l’autre. Voilà les deux points de référence d’un débat public passionnant.

D’un côté, la question se résume en ces mots : comment éviter qu’un parti qui, malheureusement, rassemble de plus en plus d’électeurs, obtienne des élus ? Remarquons au passage que le Front National inspire au personnel politique une préoccupation exactement opposée à celle des écolos auxquels le Parti Socialiste a permis d’avoir une existence politique, des élus et même des ministres, sans avoir d’électeurs.

De l’autre côté, la question résonne : un Suédois est-il bien venu à traiter de « pays de merde » celui qui l’accueille ? A cette dernière question, la réponse est manifestement non, car ni la LICRA ni même le MRAP ne sont montés au front mettre en garde le peuple contre la tentation de la scandinavophobie.

Zlatan ou le Front, le Front ou Zlatan, voilà posés en deux mots les bases de la logorrhée officielle.

Cependant, parler des vrais enjeux des élections départementales relève de la gageure puisque la loi qui va réformer les collectivités territoriales n’a pas encore été votée. Cela signifie qu’on envoie les électeurs aux urnes sans qu’ils puissent savoir précisément pourquoi ils votent : qui pourrait donc imaginer qu’on nous prenne pour les imbéciles que nous sommes, à 115 % ?

La semaine prochaine, je comparerai les méthodes de Madame Irma et celles des instituts de sondage israéliens pour savoir lequel établit les prédictions les plus réalistes.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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