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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 20:11

Un peu comme le gigot d’agneau en plus du pâté de Pâques, la laïcité se digère mal au Royaume de France, dans ce pays qui reste la fille aînée de l’Eglise.

Le combat pour la laïcité, qui visait à faire sortir la religion de la sphère publique pour la cantonner à la seule sphère privée est gagné depuis bien longtemps, notamment faute de combattants dans les rangs d’un catholicisme pacifié.

Seuls quelques intégristes bouffeurs de curés ont l’impression que la France vit sous la menace du christianisme et s’attaquent encore aux crèches érigées dans les lieux publics à Noël ou s’en prennent au nom des vacances qui ne sont plus de Pâques et de la Toussaint mais de printemps et d’automne (ça change tout !). Ces ayatollahs laïcards sont trop peu cultivés et très suffisamment bornés pour ne pas pouvoir admettre que notre pays transpire le christianisme parce c’est son histoire et sa culture, et que dire cela n’est ni faire œuvre de prosélytisme, ni renoncer à vivre dans un pays laïc.

Nous vivons aujourd’hui avec une loi sur la laïcité dépassée autant que déplacée. Elle fut écrite il y a plus de 100 ans avec en ligne de mire un seul ennemi : le catholicisme. Dans une société devenue laïque cent ans plus tard, cette loi de 1905 n’a pas d’autre intérêt que celui d’une curiosité historique. Elle est parfaitement inopérante pour lutter contre l‘émergence du fait islamiste, simplement parce qu’elle n’a pas été conçue pour cela, ni dans son esprit, ni dans son temps. Combattre l’intégrisme d’aujourd’hui avec la loi de 1905 revient un peu à vouloir partir à la conquête de l’espace dans l’avion de Clément Ader.

Nous nous trouvons ainsi désemparés, à la fois mal outillés et mal préparés. La République avait en effet décidé de nier le fait religieux, de faire comme s’il n’existait pas : le voilà qui est en train de lui sauter à la figure. Un peu comme pour les déficits publics, ignorer un problème ou une question ne l’empêche pas de prospérer…

Seul point sur lequel tout le monde est d’accord : le pont de l’Ascension vient d’être gravé dans le marbre du nouveau calendrier de la sacro-sainte Education Nationale, qui plus est sous son vrai nom de baptême. A partir du moment où un jour férié catholique permet de caler un pont pour partir en week-end prolongé, les cerbères de la laïcité deviennent moins vigilants. L’épiscopat français doit d’ailleurs regretter que les évangélistes aient insuffisamment relaté les jours auxquels Jésus Christ s’adonnait aux miracles car, s’ils avaient tous eu lieu un vendredi ou un lundi, les défenseurs du christianisme seraient maintenant légion.

Chaque fois que la religion s’invite sur le devant de la scène, nos responsables politiques marchent sur des œufs et leurs sorties oscillent souvent entre timidité, naïveté et reniement, même si les choses évoluent. Laurent Fabius m’a positivement étonné très récemment en osant parler sans s’excuser du massacre des Chrétiens d’Orient. Et ces imbéciles de la RATP ont réussi à faire l’unanimité contre eux après avoir censuré les affiches du concert du groupe « Les Prêtres » qui, il faut le dire, portaient l’intolérable mention « pour les Chrétiens d’Orient », une mention jugée contraire à la « neutralité du service public » (sic). Contraire à la neutralité du service public je ne suis pas sûr. Inepte, en tout cas, cela ne faisait pas de doute concernant cette ridicule décision, et il est heureux de constater que le tollé provoqué par cette pantalonnade a obligé la RATP à revenir sur ce qui ressemblait à s’y méprendre à un nouvel acte de soumission.

La semaine prochaine, je vous donnerai la recette de la tarte aux concombres et vous verrez, ce n’est pas bon, la tarte aux concombres.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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