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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 21:10

Si je vous dis que le but de cette chronique consiste à partir de l’actualité pour vous faire partager quelques éléments de réflexion et vous donner à rire ou à sourire, je vous parle français. Mais je pourrais vous dire plutôt que le principe essentiel de cette production écrite et sonore à cadence hebdomadaire est d’interroger le présent au regard des situations sur une base communicationnelle unilatérale destinée à amener le récepteur à formuler une pensée autonome stimulée par l’effet attendu sur les zygomatiques d’un ciblage fin du ridicule ; ça a quand même beaucoup plus de panache. Ce n’est certes pas du français mais ça pose, c’est un langage d’un autre type, qui s’appelle « Education Nationale »

Après : « Aimez-vous Brahms ? » et « Tu reprendras des rognons, Roger ? », la prochaine grande question classique à laquelle tout honnête homme devra savoir répondre sera : « parlez-vous Education Nationale ? » ("Do you speak National Education ?" à l’attention de nos auditeurs anglo-saxons). Cela semble être le dernier chic si l’on en juge par une lecture succincte des contenus des programmes de ce qui pourrait malheureusement devenir le futur collège.

Je ne m’étendrai pas sur le contenu des programmes. Ce contenu désolant ne fait que prolonger, en l’amplifiant certes, la crétinisation programmée d’une population qui n’en sera que plus docile. Au fond, gouverner des assujettis sociaux nourris de subsides publiques et abrutis de télé-réalité est moins éreintant que de vouloir forger une nation d’hommes cultivés, libres et responsables ; le sujet n’en est plus un depuis de nombreuses années.

Je voudrais simplement m’arrêter sur la logorrhée des pédagogues officiels de la République qui n’a pas besoin d’exégèse pour nous révéler toute sa splendeur et sa richesse. Ainsi, si vous croyez emmener vos enfants à la piscine pour qu’ils se baignent, vous avez tout faux. Le but de la natation, c’est, cramponnez-vous comme dirait l’ami de Fidel Castro : « se déplacer de façon autonome plus longtemps, plus vite dans un milieu aquatique profond standardisé ». Evident non ? C’est encore « construire la capacité à traverser l’eau avec le moins de résistance en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête ». Comment avez-vous pu ne pas le comprendre plus tôt, bande de freluquets, parents indignes ? Moi qui cours parfois avec mes enfants, je pensais bêtement les emmener se dépenser, faire du sport. Je n’avais jamais conceptualisé la finalité pédagogique de l’athlétisme qui est de « créer de la vitesse » (sic !), de « se repérer dans l’espace athlétique et accepter les déséquilibres provoqués, s’organiser pour construire une continuité spatio-temporelle d’action » ou encore, cerise sur le gâteau, d’« anticiper les actions à venir pour agrandir l’espace et raccourcir le temps ».

En découvrant les visées pédagogiques du collège, et ce ne sont là que deux exemples véridiques et incomplets, de deux choses l’une : soit on tremble que la DASS viennent nous retirer nos mômes car nous sommes de parfaits inconscients doublés de fieffés imbéciles, soit on tremble que des gens capables de produire une diarrhée verbale aussi dégoulinante de pédantisme et de sottise aient, par-dessus le marché, l’outrecuidance de vouloir éduquer nos enfants.

La semaine prochaine, je vous parlerai des vendredis travaillés en mai, mais je crains d’avoir peu de choses à vous dire.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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