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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 18:52

Est-il possible de vivre plus déconnecté de la réalité que nos hommes politiques ? Manuel Valls va faire passer sans débat (ou presque) la loi Macron, parce qu’il n’a plus de majorité, ni pour lui, ni contre lui d’ailleurs. La loi Macron, que d’aucuns surnomment la loi « micron » tant elle est porteuse de peu de choses, est, malgré son manque de souffle, rejetée par la gauche de la gauche, qui, pour toute posture, reste cramponnée à ses vieilles lunes, niant les évidences, tournant le dos à la réalité. Pourtant, qui, ayant les pieds ancrés dans le quotidien, qui pourrait nier que notre pays meurt à force de réglementation, étouffe sous les contraintes administratives, croule sous trop de normes ?

L’approche d’une question par les politiques se fait trop souvent dans l’angle aigu compris entre démagogie et paresse intellectuelle, et les mesures proposées aboutissent très régulièrement à l’inverse du résultat recherché. Exemple récent : le décret figeant l’encadrement des loyers à Paris a paru. Il existe bien à Paris un réel problème de logement, le niveau des loyers y est très élevé. Comment le résoudre? Au pays des « y’a qu’à », un pays idéal habité par des ayatollahs verts et rouges, au pays des « y’a qu’à », la solution est simple : pour faire en sorte que les loyers n’augmentent plus, « y’a qu’à » encadrer les loyers.

Simple et efficace, c’est ce qu’on pourrait penser à première vue, et d’ailleurs, la mesure est plutôt bien perçue par l’opinion d’après les sondages. Simpliste et inefficace, c’est en revanche la réalité des choses quand on veut bien se donner la peine de regarder un peu plus loin que le bout de son nez. A la question pertinente : comment améliorer le fonctionnement du marché locatif, la réponse apportée est : emmerdons les propriétaires. Encadrer les loyers, décourager l’investissement, ne pourra au final que nuire aux locataires, eux que l’on prétendait aider. Les politiques d’encadrement des prix ont en effet toujours eu que des conséquences funestes : pour libérer un marché, il faut encourager l’offre plutôt que vouloir la contraindre.

Cependant, l’encadrement des loyers, dont aucun spécialiste ne peut décemment contester au mieux l’inutilité, au pire la nocivité, n’a pas été instauré pour son efficacité. Sa vraie, sa seule raison d’être, c’est l’idéologie puisque les locataires sont tous les victimes de propriétaires qui sont tous des Ténardier. Cela rappelle un peu la fameuse taxe à 75% : il s’agit de donner des gages aux tenants de la revanche sociale et de l’économie administrée, cela dût-il nuire à la France.

Il fallait plus de courage pour refuser l’encadrement des loyers que pour le promulguer. Il faut, d’une manière générale, plus de courage pour réformer un pays que pour le laisser filer vers le précipice. Du courage et une connaissance de la réalité du monde, qualités qui ne caractérisent pas forcément l’élite politique. Et pendant que, depuis la vraie vie, nous les regardons jouer entre eux, la France s’endort tranquillement, s’enlise sûrement, meurt doucement.

La semaine prochaine, je vous parlerai de la fête de la musique et des marches militaires qui retentissent du côté de Moscou où Vladimir et son orchestre vient à nouveau de se propulser à la tête des hit-parades avec son nouveau titre : « Mon missile à moi »

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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