Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:14

Frédéric Sausset, amputé des quatre membres, va courir, on n’en doute pas, les 24 heures du Mans l’année prochaine.

Projet fou, aventure fantastique, les qualificatifs et les superlatifs ne peuvent pas manquer de pleuvoir pour saluer l’exploit qui se prépare. Se lancer dans la course des 24 heures du Mans, avec ou sans ses quatre membres, quand la cinquantaine commence à vous titiller désagréablement l’état civil, cela ressemble à s’y méprendre à un vieux rêve de gosse.

Ce sont eux qui nous font déplacer des montagnes. Gamin, on fourmille d’idées, de projets, d’envies : on se voit plus souvent agent secret ou pilote de chasse que contrôleur de gestion ou inspecteur des impôts. On se rêve acteur, flibustier, super-héros, et le mot « raisonnable » appartient au vocabulaire des vieux. Et puis la vie nous rattrape avec son incontournable lot d’emmerdes, de joies, de peines, de tracas quotidiens qui peuvent nous laisser somnolents et distraits au bord de la route du temps qui passe.

Nous finirons tous vieux et usés, si la faucheuse n’est pas passée par là avant, mais mon Dieu faites que je garde jusqu’à mon dernier souffle mon cœur d’enfant. Savoir s’étonner, s’émerveiller, se laisser surprendre par la vie, par les autres, rester assez fou et inconscient pour emmener jusqu’au bout le projet d’un gamin qui se fiche bien de ce qu’est la réalité ; pour reprendre ce que disait Mark Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Nous finirons tous vieux et usés, si la faucheuse n’est pas passée par là avant, mais le pire de tout serait d’arriver au bout du chemin désabusé, las, blasé, cuit. Se réveiller un jour et prendre conscience qu’on a étouffé sous un trop lourd fardeau de choses sérieuses les rires de l’enfant que nous étions hier, les promesses qu’on s’était faites dans notre lit avant de nous endormir, l’enthousiasme et les rêves de celui à qui le monde est promis.

De l’extraordinaire leçon de vie que nous donne Frédéric à travers son projet, je retiendrai que le monde avance grâce aux cœurs d’enfants qui continuent de battre, que le monde appartient aux rêveurs et aux fous, à ceux qui sont assez forts, déterminés et aimés pour trouver la force d’écrire des pages nouvelles sur le livre déjà épais de l’aventure humaine.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Agnès Hechard 04/06/2015 16:58

Superbe texte pour ce bonhomme fou furieux de la vie. bravo et merci Fabrice.

Delph 03/06/2015 09:36

Trop vrai, soyons fous, osons ! Contrôleur de gestion...tu pensais à quelqu'un en particulier ? Bz Delph

Fabrice Dayron 03/06/2015 13:51

Même pas ! Mais c'est vrai qu'il n'a pas la tête du métier... Bise

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages