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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 21:33

- Qu’est-ce donc Philippe que ce tumulte ?

- C’est la gabelle, Sire, c’est la gabelle…

 

On pourrait imaginer cette conversation entre un ministre, fût-il premier, et son monarque.

La jacquerie des gilets jaunes m'inspire plusieurs réflexions.

La première et la plus évidente des réflexions est celle-ci : on ne tond jamais que les plus nombreux.

Le sel jadis, le carburant aujourd’hui, la réalité d’une politique fiscale, c’est qu’elle doit frapper le plus grand nombre pour rapporter. Pas pour être juste, ce n'est pas son objet, mais pour rapporter. Cela est, reste et restera la motivation première d’une politique fiscale. Nunc et semper. Ainsi, la TVA, impôt particulièrement aveugle et injuste, représente près de la moitié des recettes fiscales de l’Etat : 155 milliards sur 286 milliards en 2018. Si l’on a besoin d’argent, il faut prendre au plus grand nombre, taxer ce que tout le monde consomme. La recette est vieille comme Hérode. En 2012, Hollande avait voulu faire croire aux Français que les 30000 Français les plus riches allaient résorber le déficit de la France. Rappelez-vous le vrombissant « Mon ennemi c’est la finance ! », ou encore la fameuse taxe à 75%, qui a coûté plus cher qu’elle n’a rapporté !. Après avoir amusé le peuple un moment, arrivé au pied du mur, Hollande a fait la seule chose efficace qu’il pouvait faire : mettre un coup de bambou sur l’ensemble des contribuables en augmentant considérablement les impôts.

On peut trouver cela triste, injuste, dégueulasse, scandaleux, abracadabranstesque, mais c’est comme ça. Pour prendre efficacement de l’argent, il faut tondre la multitude.

Cependant, aujourd'hui encore, entendez-vous, dans nos campagnes, trublionner ces féroces trublions : rétablissez l’ISF ! Belle idée : l’ISF rapportait un peu plus de 5 milliards par an (contre 155 milliards pour la TVA...), soit à peu près rien, une goutte dans l’océan des dépenses publiques de gouvernements impécunieux. Mais on agite la revendication pour exciter le peuple. C’est simpl(ist)e, ça parle, c’est vendeur. Pauvre France…

 

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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