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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 16:12

Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, s’est dit ouvert à la reprise par l’Etat (en fait par vous et moi) de la dette de l’hôpital public, soit environ 30 milliards d’euro.

30 milliards de plus ou de moins, ce n’est certes qu’une goutte d’eau dans l’océan de la dette publique. La dette de l’hôpital représente à peine 1,5% de la dette cumulée de la France (Etat, collectivités, sécurité sociale). Une dette qui culmine ces derniers temps autour des 2400 milliards d’euro sans jamais s’arrêter de grossir.

Cette dette, c’est la nôtre. C’est surtout celle de nos enfants, de leurs enfants, et certainement de plusieurs générations à suivre. Joli cadeau. Elle atteint le chiffre symbolique de 100% du PIB de la France. Son montant a explosé ces dix dernières années, dans la foulée de la crise de 2008. Surtout, cette dette semble impossible à maîtriser puisqu’elle ne fait jamais qu’augmenter.

L’annonce de Bruno Le Maire est symptomatique de notre époque.

Elle illustre les difficultés d’un système à bout de souffle qui n’a jamais su se réformer et s’endette pour faire face à des engagements impossibles à tenir.

Elle témoigne de l’illusion de l’Etat thaumaturge qui « règle » les problèmes en les prenant à son compte. Rappelons-nous avec Frédéric Bastiat que « l’Etat est la grande fiction à travers chacun essaie de vivre aux dépens de tous les autres » : l’Etat n’existe pas en dehors de ses contribuables.

Hôpital, dépenses sociales, régimes publics spéciaux de retraites, dépense publique… La seule réponse des politiques n’est jamais que celle de la fuite en avant : de la dette, encore de la dette, toujours de la dette. Cependant, on n’a jamais vu personne courir bien longtemps avec la tête enfouie dans le sable.

On amuse le peuple en lui faisant croire qu’on le soulage. On fait l’économie temporaire de la mise en œuvre de remèdes qui seront d’autant plus douloureux qu’on aura laissé la maladie prospérer. On amplifie les problèmes à venir.

La folie de l’endettement public est une bombe à retardement qui va finir un jour par nous sauter à la figure.

Comment ferons-nous face ? Par de nouvelles dettes ? Pourquoi pas, après tout ? Nous vivons en effet une période déconcertante et révélatrice de taux d’intérêts négatifs. Cela signifie en langage profane : demain ne vaut rien, brûlons tout, maintenant et tout de suite. Continuons donc à faire de la dette ! Pour le reste, et notamment pour les générations futures, n’oublions pas l’adage de Keynes : « Sur le long terme, nous sommes tous morts. »

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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