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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 13:30

Short Edition, l'éditeur numérique qui a publié quelques uns de mes textes cet été (voir la rubrique "A lire aussi, du même auteur") organisait hier un concours de création littéraire, auquel j'ai eu l'avantage de seulement participer, n'ayant pas été "primé". Le thème, dévoilé le matin même et seulement oralement, était le suivant : Ca commence par un vol. Il est question de [ver] (phonétique) et de [pêche], phonétiquement également.

Je partage avec vous le texte qui m'a permis de ne pas gagner, pour les amoureux d'alexandrins bien sûr !

 

CENDRILLON

(de Boileau à Pierre Dac)

 

 Aux marches du palais la jeune femme en pleurs

Victime d’un complot, odieuse cabale

Mais qui lui déroba, il n’était pas dix heures,

Le pied droit des souliers qu’elle portait au bal ?

 

Le sort prenait plaisir à lui jouer des tours.

Serait-elle condamnée à ne jamais connaître

L’étourdissant émoi, la douceur de l’amour

Caresse de velours au jour en train de naître ?

 

Elle avait tant rêvé, désiré cette fête,

Elle qui chaque jour se vêtait de haillons.

Sa marraine la fée, sa marraine l’a faite,

Cette paire de souliers de vair si mignons

 

Cette robe vermeil, échancrée à souhait

Qui laissait deviner, sans rien en laisser voir

Un parfum de promesse au goût de volupté,

Les courbes de son corps dans les ombres du soir

 

Minuit, elle savait, l’heure à ne pas manquer

Avant que tout reprît son aspect quotidien

Déjà dix fois le Prince avait voulu danser

Dans les bras de la douce à la peau de satin

 

Mais comment maintenant se présenter à lui

Un pied nu, yeux rougis et le cheveu défait ?

Cendrillon s’est levée, en hâte s’est enfuie

Laissant là le château, le bal et la gaieté

 

Elle a marché sans but, âme en peine qui porte

Le si pesant fardeau d’un amour contrarié

Elle eût plutôt voulu qu’être vive être morte

S’endormir pour toujours, disparaître à jamais

 

Ses pas lourds l’ont menée ainsi à la rivière

Ses pensées si troublées, elle ne voyait pas

L’homme sur le rivage à la mise au port fier

Le Prince au regard noir qui soudain s’éclaira

 

Ma belle et gracieuse, enfin je vous retrouve !

Ne me regardez pas, je suis toute défaite

J’aurais voulu mourir, me noyer dans les douves

Mais mon Prince pourquoi avoir quitté la fête ?

 

Qu’y pouvais-je trouver qui me donnât l’envie

D’y rester ? Mon cœur fut transpercé d’une flèche

Décochée par Eros à l’heure où je vous vis :

Vous sachant disparue, je partis à la pêche.

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Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

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