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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 07:28

Podcast

 

 

L’important, ce n’est pas d’être, mais c’est de paraître, tel semble bien être l’esprit du temps qui passe.

Hier, Gilles Bernheim, ci-devant grand rabbin de France, est passé à confesse. D’abord il a avoué avoir copieusement plagié les écrits d’un prêtre pour fabriquer son livre contre le mariage pour tous. Et puis, dans la lancée, il nous a lâché le morceau : non il n’est pas agrégé de philosophie, contrairement à ce qu’affirmait sa biographie officielle. Faux écrits, faux diplômes, ce n’est quand même pas bien catholique toutes ces histoires-là, Grand Rabbin. Si vous aussi vous vous mettez à mentir, où va-t-on ?

On pourrait imaginer tout et n’importe quoi. On  pourrait par exemple imaginer qu’un professionnel de la fumisterie se fasse passer pour un génie créateur et se voit offrir par le contribuable une salle tout entière dédiée à sa gloire. Mais diantre, celle-là aussi on vient de la jouer avec l’ouverture vendredi dernier à Blois d’un monument de la culture puisqu’il ne s’agit pas moins que de la Fondation du Doute.

 

Rien que le nom mérite le détour. Une Fondation. Pas un ringard musée, pas une pauvre salle d’exposition non, une Fondation. C’est, admettez-le, beaucoup plus chic. Quant à l’homme à la manœuvre de ce grandissime instrument de propagation de la culture parmi les masses laborieuses, Ben, je n’en peux plus de ce Ben ! Il me sort par les yeux, il me brise les génitoires, je crois que je suis en train de devenir « benophobe » ! On ne peut pas faire trois pas dans la ville de Blois sans se faire agresser par son écriture lobotomisée et ses messages aussi creux qu’insipides.

Alerte à la pollution ! Nous sommes pollués à Blois, pas par les particules fines ou les algues vertes, non, mais par la logorrhée « benienne ». Quand Ben se contentait de décorer les trousses et les agendas, il était encore sympathique car on n’était pas obligé de les acheter. Mais là on a franchi un cap : maintenant qu’elle a ouvert cette satanée fondation, Monsieur le Maire, de grâce, arrêtez de nous infligez du Ben à longueur de rues !

Laissez les amis de la culture aller s’ébaubir à la Fondation du Doute, laissez-les se pâmer devant l’art Fluxus. Vous savez, l’art Fluxus ? Ah non, vous ne savez pas ce que c’est, l’art Fluxus ? Remarquez c’est réservé à une certaine élite la compréhension de ces choses-là.

Pour essayer de vous expliquer en deux mots, l’art Fluxus, c’est un machin un peu conceptuel qu’on pourrait définir par une non-définition. Oui, quand on est Fluxus, on refuse d’être enfermé dans des cadres. Etre Fluxus, c'est mépriser l’ordre établi, c'est renverser, faire de l’agit-prop, provoquer le bourgeois, en un mot être cool ! On crache sur la société de consommation, d’autant plus facilement d’ailleurs qu’on se fait beaucoup d’argent en vendant le fruit de sa création à de vrais naïfs ou à des bobos militants. On crache, et on fait cracher la société de consommation pour pouvoir vivre comme un prince avec une âme de révolutionnaire Fluxus.

Et puis quand on a fini de se remplir les poches, on va faire croire que ce qu’on fait c’est de l’art et que ça mérite une Fondation. On va faire croire, cela comme d’autres ont pu faire croire qu’ils étaient agrégés de philo, comme d’autres ont pu vouloir faire croire qu’ils allaient faire payer les riches pendant qu’ils fermaient leurs comptes en Suisse. Décidément l’important, c’est bien de paraître.


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence de la disparition de la dame de fer sur la chute des ventes d’antirouille de l’autre côté de la Manche.

 

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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