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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:08

Podcast

 

La semaine dernière, l’évènement est presque passé inaperçu entre le Téléthon, l’élection de Miss France, la promotion sur la langue de bœuf au Super U de Contres et les manifestations de la place Tahrir contre les velléités curieusement autocratiques d’un musulman intégriste démocratiquement élu, mais le Fest Noz a été élevé au rang du patrimonial mondial immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Le Fest Noz, vous savez, c’est cette fête bretonne qui vous permet de danser avec votre voisin de caravane en vous tenant par le petit doigt lors de la fête annuelle du camping de Trégasoual. Je pourrais certes me sentir concerné par le Fest Noz comme le bobo moyen par le monde ouvrier, néanmoins, cette nouvelle classification m’a un tantinet hérissé le poil.

Cette manie de vouloir tout graver dans le marbre a un côté grotesque et l’on se demande ce qui pourrait bien arrêter dans leur frénésie classificatrice les archivistes patrimoniaux. On a déjà eu le droit, dans notre région à la Loire, classée elle aussi au patrimoine mondial de l’humanité. Aujourd’hui le Fest-Noz. Pourquoi pas demain le boudin blanc de Bracieux, la bourrée solognote ou bien la fistule de ma grand’mère ?

Et encore, ne serait-ce que cette manie maniaque de classer, elle n’emporte pas à conséquence, ce qui est gênant, c’est que beaucoup s’en réjouissent, car la démarche a un côté pathétique.

Les choses, de la Loire au Fest Noz, existent non pas parce qu’elles sont classées, elles existent parce qu’elles sont vivantes. Les classer, c’est les figer. C’est finalement, étrange paradoxe, vouloir les empailler pour qu’elles continuent de vivre.

Ces inscriptions à tout bout de champ sont surtout les témoins de notre angoisse. Nous ne sommes pas à l’aise devant ce monde qui s’emballe et va si vite. Nous avons peur de ceux à qui nous allions hier tendre la main, de ceux à qui nous refourguions nos vieux médicaments périmés, de ceux que nous trouvions si attendrissant engoncés dans leur misère, de ceux qui commencent  déjà à venir passer leurs vacances chez nous, de ceux qui ne vont pas tarder à nous manger la laine sur le dos, parce que seule l’Europe et particulièrement la France ne savent plus ce que c’est que la croissance économique et doutent de leur avenir.

Notre pays est en train de devenir un musée. Dans quelques années, des Indiens, des Asiatiques viendront s’y promener pour voir comment c’était la vie avant, dans un autre monde, un monde immobile, un monde mort, étouffé dans ses certitudes, mort au pied de ses haut fourneaux, mort au son des discours incantatoires, mort de son refus de s’adapter à la réalité du monde tel qu’il est, mort malgré toutes les choses qu’il avait cru rendre immortelles en les inscrivant au patrimoine mondial de l’humanité.

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’immigration subie par la Belgique en raison de la douceur de son climat.

 

 

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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