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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 05:41

Podcast

 

Le château de Cheverny était sous les feux de la rampe ce week-end avec l’exceptionnelle vente aux enchères d’un coffre ayant appartenu à Mazarin, qu’un musée d’Amsterdam s’est octroyé pour la bagatelle de cinq millions neuf cents mille euro.

Cinq millions neuf, ce n’est pas une paille, mais vous savez, en ce bas monde, tout est relatif. Stéphane Richard, le patron de France Telecom, placé depuis lundi en garde à vue dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, vous dirait que ce n’est pas grand-chose, cinq millions neuf, puisque le grand « Nanard » a pris au passage de la fameuse affaire d’arbitrage qui porte maintenant son nom un billet qui ne valait pas moins que 68 coffres Mazarin. C’est classe comme unité de mesure, le « Mazarin ».

– T’as pris combien, Bernard, sur le coût du Lyonnais ?

– 68 Mazarin.

Ça pose, comme réponse. C’est chic, ça permet de se sentir appartenir à un univers particulier, parce que le type qui compte en « Mazarin », il ne fait manifestement pas partie du même monde que moi et peut-être même que vous.  

Imaginez, même Claude Guéant, ancien ministre de l’intérieur, de l’intérieur de ses poches principalement, même Claude Guéant, avec ses 10.000 € en liquide tous les mois, il aurait dû rester en poste pendant 49 ans pour pouvoir se payer  son « Mazarin ». C’est peut-être pour cela, pauvre de lui, qu’il fut obligé de se rabattre sur la peinture flamande, qui reste beaucoup plus accessible.

Toujours pour compter en « Mazarin », la République a gratifié Michel Charasse d’indispensables gardes du corps pendant un peu plus de vingt ans, soit à peine trois-quarts de « Mazarin ». Ce n’est quand même pas grand-chose. C’est simplement  le nécessaire prix à payer pour bénéficier d’une élite politique d’une aussi grande qualité que Michel Charasse, ce grand démocrate qui combattait ses opposants en les menaçant de contrôle fiscal. Quand on mesure l’attention et les soins que nous ont prodigués nos dirigeants ces trente dernières années, on peut admettre qu’une petite protection rapprochée, ça ne compte pas, ou si peu. Sincèrement, Michel Charasse est au quand même au risque politique ce que James Bond est à la belote coinchée, puisqu’il a exercé le dangereux métier de ministre du budget de 88 à 92 (1900 pour les plus jeunes). Et puis on s’aperçoit 20 ans plus tard qu’on paie toujours trois policiers pour assurer la protection d’un type qui ne doit pas en avoir moins besoin que Jean-Pierre Coffe ou Didier Barbelivien.

Cependant, la nécessité de protection ne se mesure pas à la corpulence de l’individu protégé, puisque Sarko du haut de son mètre soixante-neuf a le droit à 10 gardes du corps, soit un « Mazarin » tous les trois ans, contre un « Mazarin » tous les vingt-huit ans pour Charasse qui a pourtant une capacité beaucoup plus évidente que notre ancien président à occuper tout l’espace du viseur d’une carabine.

 

Ah, les subtilités de la politique, c’est finalement comme les « Mazarin », ça me dépasse un peu…

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de la radicale influence des erreurs de mise en boîte de médicaments sur le redressement des comptes « vieillesse » de la Sécurité Sociale.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
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