Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 05:57

Podcast

Pas de chronique le 1er mai. Pas de chronique le 8 mai. Non mais quand est-ce qu’on bosse dans ce pays ? Sincèrement, un étranger qui viendrait passer le mois de mai en France ne pourrait pas croire un instant que l’emploi est la principale préoccupation des Français.

Pas de chronique le 1er mai, c’est normal, c’est le jour de la fête du Travail, jour où, comme son nom ne l’indique pas, on ne travaille pas. C’est quand même agaçant cette manie de ne pas appeler les choses par leur nom. Par exemple, quand les syndicats décident d'une grève, ils appellent ça une journée « d’action », alors qu’en fait c’est une journée d’inaction. C’est un peu comme si la Saint Valentin était le jour où on ferait la tronche à sa femme, un peu comme si la journée de la femme était celle où il faudrait coller une tarte à la sienne.

En même temps le 1er mai, c’est quand même une belle fête parce qu’il ne faudrait pas oublier qu’elle a été instaurée par le Maréchal Pétain, et il ne manquait pas de bonnes idées, le père Pétain. La patrie reconnaissante lui doit quand même également aussi le statut des juifs et la fête des mères, et non pas le contraire.

Après le 1er mai aux relents collaborationnistes, le 8 mai aux relents de résistance permet de remettre la balle au centre. Et afin qu’il y en ait pour tous les goûts, la république laïque nous permet ensuite de fêter l’Ascension, qui n’est pas contrairement aux apparences la fête des grimpeurs de tout poil. La France est tellement la fille aînée de l’Eglise qu’elle s’arrête également de bosser le lundi de Pentecôte. Jeudi de l'Ascension, lundi de Pentecôte...je dois tout de même avouer ne jamais avoir été interpellé par la ferveur religieuse des foules oisives de ces jours sans boulot. En fait, si on y réfléchit bien, les Français sont quand même des sacrés calotins pour fêter à ce point le Christ ressuscité.


Qu’un inconscient ose en effet s’attaquer à la suppression d’un jour férié, aussitôt, les forces vives du pays, comme on dit en langage politiquement correct, les force vives jetteront à la rue des hordes de manifestants pour une nouvelle journée d’action pour défendre ce satané droit à ne rien foutre en étant payé. Finalement, ni Marx ni Jésus n’ont pu rallier tout le monde à leur panache, qu’il soit rouge ou blanc ; il aurait pourtant suffi d’un slogan et d’un seul : fainéants de tous les pays, unissez-vous !


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence discrète de l’esprit sportif sur les exploits des supporters du PSG.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages