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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 12:52

Podcast

 

"Des mots…cratie", "des mots...gogie", c'est plus approximatif, certes, tout cela pour vous dire qu'un article de la Nouvelle République m’a encore fâché samedi.

On y parlait construction de maison individuelle. On y parlait de la nouvelle réglementation thermique, nom de code « RT 2012 », destinée à fabriquer des maisons moins énergivores. On y parlait de l’augmentation importante des coûts de construction, de l’ordre de 15%, qu’entraîne cette nouvelle réglementation. On y parlait des soucis de certains constructeurs de maisons, déjà inquiets d’un marché atone et qui envisagent avec une certaine anxiété cette flambée des coûts.

On oubliait de mentionner que cette nouvelle norme signifie surtout que les familles à revenus modestes devront renoncer à vouloir construire leur maison, mais c’est pour leur bien. Et l’auteure de l’article, je dis volontairement auteure et pas journaliste car le journaliste est sensé ne pas être un militant, l’auteure de conclure que, motivés par des préoccupations écologiques, des « citoyens » avaient décidé de franchir le pas de la construction. Oui, des citoyens. Ces gens-là ne sont pas des clients, ils ne sont pas des acquéreurs, ils ne sont pas de vulgaires ploucs en quête d’un toit pour leur famille, ils sont des « citoyens ». Respect.

Nous voilà bientôt revenus en 1792. Il y a les citoyens. Les bons, les gentils. Ceux qui auront à Paris prochainement une voiture neuve sinon, ils n’auront pas le droit de circuler, ce ne serait pas « citoyen ». Ceux qui auront une maison écolo qui coûte 15% plus cher mais qui sont « citoyens ». Ceux qui achètent des légumes bio parce que c’est « citoyen », ou peut-être simplement parce que c'est bon et qu’ils en ont les moyens, ce qui ne les empêche pas d’adorer les pauvres qui se précipitent chez LIDL pour acheter de la saloperie végétale poussée hors sol parce que ça coûte moins cher. Ceux-là ont le droit au brevet de citoyen.

Et puis il y a les autres. Les méchants, les réacs, les égoïstes, les minables. Eux, ils ne sont pas « citoyens », ils devraient  sans doute être moins égaux que les autres, ils mériteraient qu’on les arrête sur la route de l’exode, pas celui de la Bible, l’exode 2012 est un exode plus prosaïque, un minable exode fiscal.

Mais au milieu, entre les méchants et les gentils, il y a surtout l’immense masse grouillante, celle qui aimerait bien se faire construire une maison écolo ou bouffer des légumes bio mais qui ne peut pas se les payer, celle qui ne gagne pas assez non plus pour avoir les moyens de s’exiler fiscalement. Elle expire, elle râle, l’entendez-vous agonir, celle qu’on appelait la classe moyenne ? Peut-être, citoyen, la trouvez-vous médiocre à force d’être moyenne et justifie-t-elle ainsi le mépris que vous lui portez : de la verve révolutionnaire à la langue de bois, la frontière est souvent ténue.

La semaine prochaine, je ne vous parlerai de rien, la faute aux congés, mais dès le début 2013, promis, je reviendrai vous parler de l’influence des augmentations du SMIC sur la surconsommation de foie gras à Noël. Bonnes fêtes à tous.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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