Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:31

Podcast

 

La France peut être divisée en deux grandes catégories : d’un côté les privilégiés, et de l’autre côté, les « autres ». Si vous avez pris pour argent comptant vos cours d’histoire qui voulaient vous faire accroire qu’au cours de la nuit du 4 août 1789 on avait aboli pour de bon les privilèges, vous êtes soit des naïfs, soit des privilégiés. Prenez l’exemple des retraites. En France les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraites, c’est-à-dire pour faire simple, la fonction publique ou assimilée, ces bénéficiaires ont le droit de travailler moins que les autres pour profiter de leur retraite.


Avec, qui plus est, un doublement de leurs points privilèges, puisque le calcul de leur pension de retraite est incroyablement plus avantageux que pour les pauvres salariés du privé, quand sont pris en compte leurs 6 derniers mois de rémunération contre les vingt-cinq meilleures années pour les autres.


200 ans après la révolution, nous voilà donc revenus au point de départ : la société se partage entre les privilégiés, et puis les autres. On trouve pêle-mêle, dans ce tiers-état moderne, les salariés du privé, les commerçants, les artisans et les rock stars. Oui, même les rock stars sont obligées de travailler après 62 ans. Regardez notre Johnny national : 70 printemps sonnés, et obligé de monter sur scène pour gagner un peu de sous! Si c’est pas malheureux de voir les vieux obligés de travailler comme ça à l’âge où ils pourraient jouir d’une paisible retraite !


A moins qu’il n’aime ça finalement et qu’il ait pris plaisir à se retrouver devant 20.000 personnes à Bercy samedi soir. Si ça se trouve, le travail ce n’est pas une maladie honteuse, ce n’est peut-être pas un truc dont il faudrait se débarrasser le plus vite possible pour pouvoir enfin vivre. J’ai même entendu dire qu’il existe des gens qui aiment leur boulot, ce sont très certainement des masochistes, mais je m’interroge. A Blois, la semaine passée, le professeur SAILLANT, Président de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, a tenu une conférence passionnante animée par Pascal Gaultier, où il nous a notamment expliqué que l’activité, professionnelle par exemple, était un excellent moyen de se prémunir des maladies neurologiques.


A l’heure où les tenants de l’Ancien Régime s’accrochent à leurs privilèges comme la moule moyenne à son rocher, à l’heure où les marquis de la CGT, les barons de SUD, les vicomtes de F.O. s’entêtent à vivre aux dépens des générations futures dans le déni le plus élémentaire de la réalité économique, on pourrait également redécouvrir une réalité non plus économique mais ontologique: le travail n’est ni une calamité ni une maladie honteuse, il est même inhérent à l’homme, indissociable de lui. Pour s’épanouir, Messieurs les privilégiés, il ne suffit pas nécessairement de travailler moins, ou le moins possible. Cromagnon, du fond de sa grotte, se levait déjà tous les matins pour aller au boulot, pour chasser le mammouth sans se préoccuper de ses années de cotisation.


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence de la pensée de Michel Delpech sur le développement de l’accordéon à bretelles dans la campagne solognote.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages