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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 06:58

Podcast

 

Mais où donc va se nicher, ou se perdre, la culture ? Le Fluxus, cette magnifique innovation intellectuelle qui nous apprend à voir l’art où on ne l’attend pas, depuis la diarrhée verbale du grand Ben dont il ne peut s’empêcher de recouvrir les murs et les cahiers jusqu’à l’enfouissement volontaire du magnifique Abraham Poincheval, enterré huit jours dans une buse avec un os de bœuf à sculpter, le Fluxus permet de prendre conscience que l’art est partout.

Passant ainsi devant la Fondation du Doute à Blois, je m’ébahissais de la nouvelle expo qui y était présentée : un mur éventré, des trous dans le sol, de grands engins mécaniques et même des acteurs en bleu de travail avec de véritables bottes en caoutchouc aux pieds... Joli tableau ! Erreur, j’ai compris trop tard qu’en fait le propriétaire réalisait simplement des travaux, mais le Fluxus porte tant nos neurones à l’excitation que je me mépris une première fois.

La seconde fut presque une déception. Fraîchement diplômé d’un premier prix de poésie acquis à la sueur de mon stylo le 15 octobre dernier lors d’une joute de création littéraire, je suis allé enfin m’inscrire sur Facebook, afin de faire profiter le monde d’une parcelle de mon génie. M’interpellant moi-même, je me vilipendai : il était en effet idiot de ne pas partager avec tout un tas d’indigents avides de culture et de poésie ce savoir magnifique que les muses m’offrirent en mon berceau ; il était idiot de ne pas partager ces trésors de poésie dont la qualité n’avait d’égale que ma modestie.

Bref, v’là-t-y pas que je vais m’inscrire sur Facebook, et que doucement, tel le néophyte empoté et méfiant, je découvre ce merveilleux système légal d’espionnage organisé qui me suggère de me connecter à des gens que je connais peu ou prou, ou presque pas, et qui m’invite également à me dévoiler, à dire à tout le monde quels sont mes goûts, mes envies, mes secrets, bref, un tas de choses formidables dont tout le monde se fout à l’exception de ceux qui comptent pour moi et qui savent déjà ce que sont mes goûts, mes envies et parfois mes secrets.

Et c’est ainsi que naviguant, sans même un permis côtier en poche, Facebook m’invite à dire quels sont les derniers livres que j’ai lus, et m’en suggère une liste. Sur une quinzaine de titres de « livres »qui me sont proposés, je recense six fois Tintin, deux fois Astérix, une fois Lucky Luke et une autre Boule et Bill. Si cela reste moins affligeant que du Christine Angot, quand les BD représentent les deux-tiers de l’offre de lecture soumise par Facebook, je m’interroge. Sans vouloir faire mon bégueule, car j’ai lu Tintin, Astérix, Lucky Luke et Boule et Bill, si je devais suggérer une liste de lecture, je ne pense pas que ces sympathiques héros y figureraient à l’exception chauvine du petit Breton teigneux dont les aventures laissent transpirer l’immense culture de leur décédé scénariste. Et si j’étais en train de devenir d’un autre monde ?...

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence de l’approche de la nouvelle année sur la capacité des ministres du redressement productif à nous souhaiter une « Good Year » de Titan.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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