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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:49

Podcast

 

On n’arrête décidément pas le progrès. Le cerveau humain est tellement prompt à la réflexion qu’il lui arrive parfois de pondre des trucs aussi formidables qu’inutiles. La semaine dernière, une chroniqueuse radio spécialiste de l’innovation nous contait avec enthousiasme la création de l’ampoule qui s’allume toute seule, toute seule ou presque, puisqu’il suffit de télécharger une application sur son smartphone et le tour est joué.

 

En voilà une belle invention ! Si, comme moi, vous avez souvent envie d’allumer la lumière dans la cuisine alors que vous êtes au bureau, vous comprenez immédiatement l’utilité de cette ampoule, qui a dû clairement être conçue par une lumière… Certes, à 200 euro les trois ampoules, les « neuf-Français-sur-dix-qui-ne-paient-pas-plus-d’impôt-cette-année-que-l’année-dernière » pourraient ressentir une légère envie de réfréner leur désir de technologie, mais la fameuse ampoule intelligente a plus d’un tour dans son sac : elle est tellement impressionnante qu’elle a même appris à s’éteindre quand il fait beau dehors au cas où vous n’auriez pas remarqué qu’il n’est pas nécessaire d’allumer la lumière quand il fait grand jour.

Cela n’est pas sans rappeler, du temps du défunt Coluche,  la pub pour le nouvel OMO, cette lessive qui lavait le linge aussi bien que l’ancien OMO, sauf qu’il fallait faire les nœuds en plus.  A quand la voiture qui démarre quand vous n’êtes pas dedans, à quand le lecteur audio qui se met en marche quand la maison est vide ? Et surtout à jamais, j’espère, mon amour, l’étincelle qui s’allume dans ton œil quand je ne suis pas là. Voilà à peu près ce que m’inspire cette belle invention inutile qui, comme l’eau déshydratée, ne devrait pas prospérer au-delà d’une paillasse de laboratoire et du bureau du stagiaire qui avait pondu le concept.

 

Les stagiaires, parlons-en des stagiaires. Le gouvernement s’occupe d’eux, ce qui n’est pas forcément rassurant. A la place des stagiaires, je serais même inquiet : dès qu’il s’occupe d’un truc, ce gouvernement fait tout foirer ! Il a même l’extraordinaire capacité à rater la mise en œuvre des rares bonnes idées qui peuvent y naître. Peut-être est-ce par solidarité que nos deux stagiaires les plus célèbres, le stagiaire de l’Elysée et le stagiaire de l’Hôtel Matignon, veulent s’emparer du dossier. Ce peut être aussi une manière de dire : « Stagiaires de tous les pays, unissez-vous ! », une manière de délivrer un message fort à l’arrière-garde marxiste qui paralyse l’émergence dans ce pays d’une vision de la France et du monde qui soit en phase avec la réalité et non plus avec de vieilles lunes parfaitement dépassées. On espère cependant pour les entreprises françaises que leurs stagiaires sont de meilleure qualité que les deux incapables précités, sinon, elles auraient bien raison de les faire bosser pour des prunes…

 

Oui, je suis un peu sévère dans mon jugement, parce que le pays va mieux, c’est indéniable, le pays va mieux, j’en veux pour preuve…qu’il suffit de se le répéter pour s’en persuader. Depuis quelques temps, Le Monde et Libé sont tellement à l’affût de la moindre once de commencement du début de la possibilité d’une éventuelle bonne nouvelle sur le front économique qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de monter en épingle le premier micro-évènement venu. Cette semaine, v’là-t-y pas que les media bien-pensant se réjouissent de la remontée de la bourse. Eh oui, il n’y a pas que dans le caleçon présidentiel que la bourse fait de l’escalade, celle du Palais Brongniart atteint aussi des sommets, alors, mes biens chers frères, en ce 95ème mercredi après « Moi Président », réjouissons-nous !

 

La semaine prochaine, je vous raconterai, dans une chronique rugbystique, combien il est difficile de porter la croix de Saint André en ayant la Galles sur le dos.

 

 

 
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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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