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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 07:04

 

Podcast

 

 

Je vous parlerais bien de tout un tas de sujets ce matin, forcément. Imaginez, un grand bavard comme moi qui vient vous causer dans le poste depuis maintenant deux saisons chaque mercredi matin, je vais être obligé de me taire pour la trêve estivale. 


Mais, par les temps qui courent, un peu de silence n’est pas malvenu. Je me demande même si ce mutisme imposé, si cette retraite vocale, n’arrive pas à point nommé pour éviter de me retrouver en prison. Car en ce moment, gare à qui ne pense pas droit.


Vous pouvez racketter en bande les passagers du RER, vous vous en tirerez avec un peu de sursis. Vous pouvez planquer quelques euros en Suisse en étant ministre du budget de la France, vous vous en sortirez avec une convocation à l’assemblée nationale devant une commission d’enquête. Vous pouvez jeter des cocktails molotov  sur les forces de l’ordre à Notre-Dame des Landes, vous  y gagnerez vos galons de « militant-citoyen ». Vous pouvez saccager une préfecture si votre usine menace de fermer, des sénateurs viendront proposer une loi pour vous amnistier.


En revanche, évitez de manifester contre le mariage pour tous quand notre Président est dans les parages. Le simple fait de manifester, je ne vous parle ni de dégradations ni d’agression, le simple fait de manifester a valu à Nicolas BERNARD BUSSE, un étudiant de 23 ans en école d’ingénieur et histoire géo de prendre deux mois de prison ferme. Alors, même s’il est vrai que c’est principalement dans les écoles d’ingénieurs que prolifèrent hooligans et voyous qui troublent la vie rangée des citoyens ordinaires, le cas de Nicolas BERNARD BUSSE montre que si l’on peut agir quasi-impunément en France, il vaut mieux éviter de penser, et surtout de ne pas penser droit.


Autre exemple, Clément WEILL RAYNAL, journaliste à France Télévision, vient d’écoper de dix jours de mise à pied pour avoir révélé l’existence du fameux « Mur des Cons », lequel « Mur des Cons », rassemblait, au siège du syndicat de la magistrature, les photos des personnes à abattre, principalement classées à  droite ou supposées telles.


J’ai soudain mieux compris pourquoi le socialisme, qu’il soit national ou international, m’a toujours fait peur.

Moi qui prends plaisir à ne pas penser comme tout le monde, qu’est-ce qui risque de m’arriver demain ? J’étais tellement angoissé à cette idée que, lundi matin quand j’ai vu l’arrosage public fonctionner place de la République à BLOIS pour finir de noyer une pelouse qui n’en avait pas besoin, je n’ai même pas osé appeler la mairie pour leur signaler qu’il n’était peut-être pas utile d’employer à cela l’argent de mes impôts. Allez savoir si en faisant montre d’autant d’impertinence et d’esprit de rébellion, je n’allais pas finir derrière les barreaux.


Alors, vivement la rentrée ! Vivement les chroniques au ciel joyeux de la bien-pensance, vive la république des soviets français, vive le politiquement correct, vive la police de la pensée, et mort aux esprits libres !


La semaine prochaine, je ne vous parlerai de rien, je viens de vous le dire, mais à la rentrée, je vous entretiendrai de la capacité des dirigeants sud-africains à faire attendre le ciel pour une sortie de scène bien méritée. Bonnes vacances à vous.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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