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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:09

Podcast

 

Ainsi donc Jérôme Cahuzac avait un compte en Suisse. Exit Jérôme Cahuzac. Je dois dire que j’ai été un peu déçu. Cahuzac, c’était quand même l’un des rares types qui avait un peu de consistance dans ce ramassis appelé « gouvernement de la république française », mais qu’on connaît mieux sous le nom de « Chœur des baltringues ». Après ce nouvel épisode, que les meilleurs scénaristes auraient bien eu du mal à imaginer, comment ne pas opiner du chef à la première remarque de ceux qui, autour de nous, disent : c’est bien tous les mêmes ? Tous pourris ! Le constat est terrible et la rengaine dangereuse.

Le constat est terrible et d’abord terriblement choquant. Au-delà des clichés idiots qui veulent qu’un homme de droite soit forcément un méchant qui mange des pauvres tous les matins et qu’un homme de gauche soit nécessairement un gentil qui a un cœur gros comme ça et aime l’humanité, c’est choquant parce que ces « gens-là » pour paraphraser Brel à l’envers, ces « gens-là » passent leur temps à nous faire la morale.

Ces « gens-là » ont un ennemi, c’est la finance, mais ils ont des comptes en Suisse.

Ces « gens-là » n’aiment pas les riches, mais s’ils ont un peu de sous, ils vont les mettre au chaud dans les alpages.

Ces « gens-là » traitent de minables ceux qui désertent la France pour ne plus payer d’impôts mais courent cacher leur bas de laine à l’abri des appétits de leurs propres partisans, des partisans dont ils aiguisent la voracité avec une rhétorique simpliste, haineuse, envieuse et malsaine.

Ces « gens-là » livrent à la vindicte du peuple une partie de leurs compatriotes, comme si les chefs d’entreprises étaient les responsables de trente années de gestion éhontée des finances publiques.

Ces « gens-là » viennent nous donner des leçons mais ils sont, au final, comme nous : si j’avais les moyens, moi aussi M. Cahuzac, si le gouvernement auquel vous apparteniez n’était pas en train de m’étrangler à coup d’impôts, j’irais volontiers en planquer du pognon en Suisse, non pas parce que je suis un salaud, mais parce que j’aimerais que le fruit de mon travail profite à qui j’ai décidé.

Alors, oui, elles sont choquantes, ces révélations. Choquantes et dangereuses. Dangereuses parce que, lorsque l’électeur moyen s’aperçoit que celui qui s’habille dans les draps de la vertu et s’y fait tailler en outre, aux frais du contribuable, des costards sur mesure, lorsque l’électeur moyen s’aperçoit que celui-ci ne vaut, en fait, pas mieux que les autres, peut-on le blâmer de se précipiter dans les bras de ceux qui, à chaque extrémité de l’échiquier politique, vont flatter ses bas instincts sans rien avoir à proposer sinon des lendemains qui déchantent, mais qui vont lui permettre au moins une fois de crier sa rancœur et son dégoût ?

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence des promotions chez Leroy Merlin sur le développement des boîtes à outils présidentielles pour nous sortir de la crise.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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