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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:33

Podcast

 

Je voulais tout d'abord ne pas faire de chronique ce matin. Oui, j’avais décidé de me taire un peu. D’abord parce que pendant les deux semaines qui viennent, l’éloignement géographique me contraindra au mutisme le plus complet. Ensuite parce que depuis trois ans que je passe mon temps à m’indigner contre les progrès galopants de la bêtise humaine et l’inquiétant recul de l’esprit critique dans une société aseptisée au sein de laquelle il est devenu dangereux de penser en dehors de l’étroit sentier dessiné par les lobotomisés du politiquement correct, j’avais décidé de prendre un peu de repos. Fini de râler, de pester, de vociférer, de m’emporter, j’allais enfin la boucler.

Las, c’était sans compter sur les chemins de fers français que j’empruntai deux fois hier, la première pour me rendre à Paris, la seconde pour en revenir.

L’aller fut un grand classique : arrivée en gare d’Austerlitz avec un peu plus de 20 minutes de retard, rien de nouveau sous le soleil puisque, s’il arrive par hasard ou accident, que le train soit à l’heure, le contrôleur prend le temps de nasiller dans le micro que « le train arrive à l’heure prévue en gare », comme s’il attendait que la foule en liesse applaudisse à cet exploit qui n’est pas sans rappeler celui du pilote de ligne qui réussit son atterrissage.

Le retour en revanche me permit de vivre une expérience peu banale. Le retard était cette fois-ci de 40 mn, et pourquoi s’il-vous-plaît ? Mais parce qu’on attendait la locomotive qui n’avait pas été livrée avec les wagons… Véridique ! J’imagine le dialogue chez les cheminots :

-         Bon Roger, il est prêt le 17h38 ?

-         Ben ouais !

-         T’aurais pas oublié un truc ?

-  Ben non ! J’ai mis 12 wagons comme prévu dont 11 avec des compartiments pour emmerder les voyageurs vu que c’est vachement moins agréable que les wagons avec des sièges normaux.

-         Et la loco Roger ?

-         La quoi ?

-         Ben la locomotive !

-         Ah ben on m’a rien dit à moi…

Eh oui, Roger, il fallait une locomotive pour le faire fonctionner ton train ! Mais c’est vrai aussi qu’on ne te l’avait pas dit, et ce n’est certainement pas habituel de devoir installer une locomotive pour faire avancer un train...

Alors, Roger, laisse-moi te dédier cette première chronique 2014. A toi et à tous les incompétents protégés par un statut, une casquette, un képi, une carte de délégué syndical, à tous les privilégiés qui peuvent se réfugier loin de l’économie ouverte, aux nantis des régimes spéciaux, aux irresponsables de tout poil qui peuvent se permettre de prendre ouvertement pour des imbéciles des usagers usagés, rongés par la résignation : bonne année 2014 ! Profitez bien, et surtout profitez beaucoup, car le système risque d’exploser sous les coups de butoir conjugués et répétés de votre incurie et de votre égoïsme. Quant à moi, qu’on me trouve une caverne et je retourne hiberner !

 

La semaine prochaine je ne vous parlerai de rien, vous le sauriez déjà si vous lisiez attentivement cette chronique, mais bientôt  je vous raconterai l’histoire de la publicité gratuite faite aux pauvres types de grande envergure, amateurs de quenelles sans être Lyonnais pour deux ronds.

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Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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