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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:08

Podcast

 

 

Un long dimanche de gentillesse...

 

Comme dimanche c’était la journée de la gentillesse, moi aussi j’avais décidé d’être gentil. Je me réveille tôt. Pour ne pas déranger ma femme avec une érection intempestive, je décide d’être mignon et d’aller lui chercher des croissants. Je me lève dans le noir pour ne pas la réveiller, je crois prendre mon jogging, au lieu de cela, je prends le sien, un machin rose fluo taille 36. Je ne vous fais pas de dessin, je ne pouvais pas objectivement sortir de chez moi comme ça, mais je ne voulais pas revenirr dans la chambre et réveiller ma femme, alors je me suis dit que puisque c’était la journée de la gentillesse, personne ne dirait rien à me voir déambuler dans un pantalon de femme trop court et trop serré. Seuls mes génitoires un peu à l’étroit pouvaient se plaindre, mais ça ne devait pas durer longtemps.

 

Je sors donc de la maison discrètement, je me retourne pour retenir la porte et éviter qu’elle claque et là, je ne vois pas que je mets le pied dans une énorme crotte de chien que mon voisin avait encore oublié pile poil devant ma porte. Ou plutôt que le chien de mon voisin avait encore oublié pile poil devant ma porte. J’essuie ma chaussure sans pester, normal c’était la journée de la gentillesse et je me dis que le toutou de mon voisin est un gentil toutou à son pépère, mais quand même doté d’un appareil digestif à la fois surprenant et capricieux.

 

Foin de ces considérations canines et coprocoles, je file à pied dans le bon air du matin jusqu’à la boulangerie. Arrivé là-bas, une vieille me pique ma place dans la file d’attente, mais bon, je ne dis rien, c’était la journée de la gentillesse, et j’attends patiemment. Cette gentille vacherie de vieille couenne prend devant moi le dernier croissant : « Prochaine fournée dans 20 minutes » annonce la boulangère. C’est gentil de prévenir les clients ; en même temps c’était la journée de la gentillesse. Je décide donc de quitter la queue pour aller prendre un café au bistrot d’à côté.

 

Engoncé dans ma gentillesse, j’en avais presqu’oublié le jogging rose fluo de ma femme. Le patron du bistrot et les piliers de comptoir manifestement, eux, ils l’avaient bien vu. « Qu’est-ce qu’elle boit la grande fille ? » qu’il me dit le patron ! Refusant de mettre ce rustre devant son délit d’homophobie caractérisé, je prends l’affaire gentiment et lui demande un café. Le problème, c’est que les soiffards du comptoir ont pris mon silence pour de la lâcheté. Je m’en suis rendu compte quand le premier m’a pris par les épaules, le deuxième par les pieds et qu’un troisième m’a piqué mon falzar. Je ne pouvais pas me rebiffer, c’était la journée de la gentillesse. Heureusement que ma monnaie était dans mon blouson.

 

Le temps de finir mon café, j’ai toqué à la fenêtre arrière de la boulangerie histoire de ne pas me faire remarquer dans la file d’attente, j’achète deux croissants et je prends le chemin de la maison en frôlant les murs et en courant tout courbé le long des voitures arrêtées, si jamais j’avais croisé quelqu’un que je connaissais. J’arrive à la maison quasi sans encombre, je rentre, ma femme était levée, assise devant son bol de café. Je rentre dans la cuisine et là, vous ne savez pas ce qu’elle me dit : « Ben t’étais où, je t’attends moi ?! Et puis ça va pas de sortir de la maison en slip ! »

Je sais, je n’aurais pas dû, mais là j’ai pris le paquet de croissants, je lui ai lancé dans la figure et puis je suis retourné me coucher. Journée de la gentillesse, journée de la gentillesse, mon cul oui !

 

J’ai passé mon dimanche à essayer de hacker le site internet de Psychologie Magazine, les instigateurs de cette journée à la con. Hier je leur ai fait une belle lettre anonyme. Et puis surtout, là où je suis content, c’est que depuis dimanche, il me reste 364 jours pour être méchant, et ça, ça me rend heureux !


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence bénéfique de l’ingestion de Touraine Primeur sur la lutte contre les polypes.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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