Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:58

 

Podcast

 

 

La partie de Cluedo géant a commencé depuis quelques semaines. La question, c’est : « Qui va tuer le Colonel Sarko ? » Sera-ce Hollande avec une leçon de morale dans la salle à manger ? Bayrou avec une petite phrase assassine dans la bibliothèque, ou Marine Le Pen avec sa serpe à racolage démagogique dans la cuisine ? A moins que le Cluedo ne se retourne et qu’on s’aperçoive au dernier moment que celui qu’on avait donné pour mort ne se réveille et ne fasse la nique à tous ceux qui l’avaient enterré un peu trop vite…


Bien malin qui se risquerait à un pronostic aujourd’hui sur le scénario du mois de mai, d’autant que la vraie pièce ne se joue pas à Paris au Palais de l’Elysée. Qui que ce soit de Guignol ou de Gnafron qui sera demain derrière les rideaux du théâtre, le scenario s’écrit de toute façon à Berlin, Bruxelles, New-York et Pékin. A force de les voir gesticuler devant les caméras de télévision, on finirait presque par l’oublier.


Mais revenons à nos moutons. Ça a failli passer inaperçu la semaine dernière,  pendant que les chefs des clans politiques s’étrillaient en vitrine, dans l’arrière-boutique leurs équipes respectives s’entendaient pour voter une loi qui pénalise la négation du génocide arménien, Assemblée Nationale et Sénat confondus.

Pourtant, depuis que la gauche a pris le pouvoir au Palais du Luxembourg, elle perd rarement une occasion de mettre des bâtons dans les roues à « Cocker Déprimé », « Cocker Déprimé », c’était le totem de François Fillon chez les scouts. Par exemple le Sénat a refusé d’adopter la règle d’or budgétaire. Faut dire qu’une loi aussi idiote qui oblige le gouvernement  à équilibrer les finances publiques, ça ne sert à rien. Ce qui n’est pas le cas de la loi qui punit la négation du génocide arménien. Un an de prison et 45.000 € d’amende, voilà quand même ce qui pourrait en coûter aux contrevenants.

 

Mon propos n’est pas de nier le génocide arménien, le massacre de milliers d’innocents est bien entendu dramatique, la question n’est pas là.

La question est que lorsqu’un parlement s’arroge le droit de dire ce que l’on peut ou non penser, il y a danger. En France, c’est vrai qu’on est un peu des maniaques de la loi. Dès qu’un problème se pose, on vote une loi, sans se soucier d’ailleurs si elle sera applicable ou appliquée, car la loi résout tout chez nous. Je vous parie que si demain la fille de Sarkozy s’étouffe avec sa totote, on aura droit à une loi sur les tétines. De la loi, on vous en produit quelques milliers chaque année, sur des sujets divers et parfois passionnants.

 

Mais des lois qui interdisent de penser librement, c’est plutôt rare. La dernière en date ne remonte étonnamment pas à la France de Vichy mais à 1990, grâce à une proposition de loi du député communiste Jean Claude Gayssot. Vous allez me dire : les communistes, c’est normal, ils connaissent bien tout ça, l’éducation du peuple, la police politique, les camps de redressement et les goulags. Le communisme s’est livré à un vrai génocide, celui de la liberté. Pas étonnant donc que ce soit un communiste qui entende inculquer au peuple la vérité par la loi.

 

Sauf qu’on est en France, pas à Cuba, en France, le pays des droits de l’homme, où la liberté d’expression et de pensée étaient sacrés jusques récemment. Quand la vérité historique commence à être écrite par les hommes politiques, nous devons nous inquiéter. La vérité historique n’appartient pas aux hommes politiques, elle relève du travail libre des historiens. Quand quelqu’un s’affirme le détenteur de la vérité, il est urgent de se méfier, regardez où ça a mené l’Europe au siècle dernier.

 

Est-ce bien le rôle de la loi que d’enseigner la vérité ? Si c’est le cas, je veux demain une loi qui affirme que ma belle-sœur est une punaise, et une autre qui punisse la négation du fait que cette chronique est particulièrement bien faite ! Je vais vous en trouver des sujets, moi, vous allez voir…

 

En attendant, la semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence néfaste de Novak Djokovic sur le moral de Rafaël Nadal.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages