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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 06:59

Podcast

 

Question de la semaine : je suis grassouillette, un peu flasque, j’ai de la moustache et j’adore manger : qui suis-je ? Non, ce n’est pas votre tata Lucienne, c’est l’otarie. L’otarie est mon sujet de coup de gueule de la semaine.

 

Je ne sais pas si vous avez circulé sur les routes autour de Blois ces dernières semaines, mais si c’est le cas, vous n’avez pas pu passer à travers ces belles affiches cartonnées suspendues à tous les candélabres et qui annonçaient pour fin août à BLOIS un spectacle d’otaries, et pas n’importe quelles otaries s’il-vous-plaît, c’était écrit dessus, des otaries vivantes.

 

Oui, messieurs les dresseurs d’otaries, vous nous avez franchement cassé les pieds, pour ne pas employer de métaphore génitale. D’abord, depuis le fameux combat de Jacques Chirac contre les déjections canines, on a appris aux propriétaires d’animaux à ramasser ce que ces pauvres bêtes laissaient derrière elles. Vous aussi, entrepreneurs de spectacle animalier, vous seriez bien inspirés de remballer vos horreurs d’affiches histoire qu’on n’ait pas à les supporter plus longtemps qu’un week end.

C’est vrai que j’éprouve une sympathie particulière pour les gens qui, comme vous, aiment à enfermer les animaux dans des réduits format « Guantanamo ». Quand on voyait vos pauvres camions au bord d’une grande surface de l’agglomération blésoise, on imaginait le bien être des bestioles que vous promenez : on sait tous en effet que le milieu naturel de l’otarie c’est la baignoire transportée dans un 38 tonnes. Coincées là, elles ne doivent pas regretter la grande bleue et les vastes espaces.

 

Les otaries doivent être tellement à l’aise dans vos camions que vous donc avez pris la peine d’inscrire sur les affiches dont vous nous avez saturé les yeux : spectacle d’otaries vivantes. Vivantes ? Non, sans blague ! On nous propose un spectacle d’otaries sur un parking de supermarché, et déjà, là, j’ai envie de dire « fichtre, réjouissons-nous d’habiter une ville dont la programmation culturelle est riche à ce point », il ne manquerait plus qu’un concert de C Jérôme à Villejambon et un dimanche à la foire au boudin  de Saint Amand Longpré pour couronner le tout ! Oui, la lecture attentive du panneau m’apprend que les otaries sont vivantes : alors là je me sens pénétré d’un profond sentiment de bonheur.

Ceci dit, c’est vrai qu’un spectacle d’otaries mortes aurait sûrement été moins drôle, autant aller se promener chez le poissonnier : regarde mon chéri la belle lotte. Oh, et là, tu as vu ce filet de sardine. Viens voir papa ! Une morue, salée... Sûr que ça aurait moins de gueule,  ça manquerait de panache, mais peut-être que le succès que vous connûtes dépassa à peine celui du rayon poissonnerie des hypermarchés de la ville : c’est tout le bien que je vous souhaite.

Néanmoins, le zoo de Beauval devrait s’inspirer de vos techniques, bande de génies du marketing : parce que s’ils précisaient que leurs spectacles de vautours sont faits avec des vautours vivants, ils doubleraient à mon avis le chiffre de leur fréquentation. Alors, bon vent sur les routes de France avec vos camions. Si vous pouviez être inspirés et renverser votre cargaison sur les bords de la mer, je vous saluerais bien volontiers.

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence néfaste de la liberté sur la subsistance de fêtes communistes en France.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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