Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:01

Podcast

 

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens...

La mode est au noir et blanc, vous avez remarqué ? Le noir et blanc fait fureur un peu partout. Au cinéma d’abord avec le tabac fait par "The Artist", ses nominations et ses prix.

Un succès à contre-courant alors que le cinéma est aujourd’hui truffé de technologie, comme un petit parfum de nostalgie qui nous ramènerait quelques années en arrière.

Je n’ai pas connu le cinéma noir et blanc, mais quand j’étais gamin, le noir et blanc, c’était hier au cinéma, le temps de mes parents, et de mes grands-parents qui avaient vu se développer, le cinématographe.

J’avais, comme beaucoup de gamins à l’époque, des cartes postales ou des affiches où l’on voyait Charlie Chaplin en train de faire la manche avec un jeune compagnon d’infortune, ou encore Marylin dont la jupe volait au-dessus de la bouche de métro dans « 7 ans de réflexion », un summum d’érotisme à l’époque qui nous semble tellement suranné aujourd’hui.

A la maison, le poste de télévision, lui, n’était pas encore en couleur, et nous avions le choix entre trois chaînes nationales : Jacques Chancel, Pierre Bellemare, Guy Lux, Maritie et Gilbert Carpentier, tels étaient nos compagnons du soir. En des temps aussi lointain l’humanité n’était pas aussi épanouie qu’aujourd’hui. Pensez, par exemple, qu’on n’avait même pas inventé la télé-réalité !

Alors, regarder au cinéma un film en noir et blanc, c’est un peu comme manger une madeleine du Père Proust, ces fameuses madeleines qui vous ramènent à hier, au temps où tout était plus facile, au temps bénit de l’enfance.


Le noir et blanc est donc à la mode, et pas seulement dans les salles obscures. Les photos de Robert Doisneau sont exposées à l’hôtel des ventes de BLOIS jusqu’à la fin du mois. Une plongée dans le Paris des années 50 et plus au parfum de nostalgie.


Encore la mode du noir et blanc, à tel point que même chez les animaux aussi, on s’y met. Depuis quinze jours, on ne parle que des pandas chinois, Huan Huan et Yuan Zi.

Les habiles commerçants surfent sur la vague, les fabricants de peluches produisent du panda à tout va et le zoo de Beauval va certainement, et on lui souhaite, battre de nouveaux records de fréquentation grâce à ces deux bestioles toutes de noir et blanc vêtues, comme deux gros nounours qu’on pourrait voir « pour de vrai ». Peu importe si ces bestioles ont un biorythme proche de celui du bigorneau, une libido tellement développée qu’on se demande si en 10 ans elles vont avoir le temps de se reproduire, peu importe qu’elles passent leur temps à bouffer du bambou comme d’autres jouent leur RMI au rapido, le panda nous a tous fait craquer quand nous étions enfants et nous courrons tous à Beauval prendre un bain de jouvence dans nos souvenirs. Même le président de la République va venir, avec son épouse, voir cela. Preuve en est qu’en chacun de nous il reste un enfant qui sommeille.


Eh oui, nostalgie quand tu nous tiens…Il y a en même qui ne s’en remettent jamais, qui ne quittent pas leur bulle et refusent de s’adapter au temps présent, qui n’ont pas vu le monde évoluer depuis 150 ans. Tenez par exemple à BLOIS, on a reçu Philippe Poutou, le candidat du nouveau parti anticapitaliste.

Poutou est depuis le début de sa candidature en mode muet pour la parole, et en mode noir et blanc pour les idées. Il pense et vit comme si la France était au milieu du XIXème siècle, au début de la révolution industrielle et du développement des chemins de fer, au temps des lampes à huiles et de la marine à voile. Il vit tellement dans un autre monde que je me demande s’il n’envoie pas les messages à ses troupes par le télégraphe. A peine 150 ans de retard.

Peut-être qu’il ne veut pas s'en rendre compte...On est si bien dans les certitudes de sa jeunesse, tellement bien dans ses rêves que parfois on refuse d’en sortir. Hervé Morin, par exemple, a expliqué dimanche dans un discours avoir assisté au débarquement allié en Normandie alors qu’il a tout juste 50 ans.

« La nostalgie n’est plus ce qu’elle était » disait Simone Signoret ; c’est vrai qu’à ce rythme-là, Hollande nous racontera bientôt sa bataille de Verdun et Chevènement son passage de la Bérézina.


La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence à peine visible du bon goût et de la culture générale sur les chansons à texte du Colonel Riel.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Profil

  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

De l'esprit du blog

"...Ainsi dès qu'une fois ma verve se réveille

    Comme on voit au printemps la diligente abeille

    Qui du butin des fleurs va composer son miel

    Des sottises du temps je compose mon fiel..."   (Boileau)

Recherche

Pages