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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 08:35

Podcast

 

Avec cette météo sibérienne et ce froid mordant qui vous engourdit les membres, les esprits s’échauffent comme ils le peuvent. Heureusement, le climat d’élection présidentielle nous apporte chaque jour son lot de petites phrases qui alimentent dans les chaumières les poêles à discussion.


La dernière phrase qui a fait le buzz ce week-end, nous la devons à Claude Guéant, le ministre de l’intérieur, qui a déclaré que certaines civilisations étaient supérieures à d’autres.

 

Cette sortie a soulevé un tonnerre de protestations à gauche, une vague de soutien à droite et l’enthousiasme légitime de l’Amicale des Chasseurs de Phoques du Vendômois qui se réjouit de voir enfin une vraie question arriver sur la place publique.

 

Aussi me suis-je senti le devoir, à mon modeste niveau de chroniqueur vedette, d’apporter, moi aussi, ma contribution au débat. Je vis en effet dans une terre déchirée entre deux cultures, le Loir-et-Cher, un territoire contrasté où la question de la supériorité d’une civilisation sur une autre se pose avec une acuité particulière.

 

 A ma gauche, la Beauce. La Beauce, le plat pays qui n’est pas le mien, c’est dans le Loir-et-Cher, quelques milliers de km².

Des étendues plates à filer le bourdon à un bataillon d’enthousiastes, des étendues mornes, où les corbeaux passent en volant sur le dos tellement il n’y a rien à voir.

Au bout des champs à perte de vue, on trouve en Beauce encore des champs à perte de vue, puis d’autres champs à perte de vue, qui finissent parfois par venir se cogner dans le mur d’enceinte de la propriété d’un pauv’ petit paysan. 

Le vent qui cingle vous amène dans les narines une délicate odeur de colza ou parfois même les remugles de l’usine à betteraves la plus proche. Ce vent souffle tellement fort qu’il oblige parfois les exploitants agricoles qui surveillent leurs terres à poser leur hélicoptère pour finir le tour de leur propriété dans leur Porsche Cayenne.

Si le Beauceron s’approche de l’inconnu qui sonne chez lui avec un fusil, ce n’est pas en signe d’agressivité, car il est bien connu que le Beauceron est d’un tempérament particulièrement ouvert, c’est simplement au cas où un lièvre se serait égaré en chemin. Bien que ses détracteurs le prétendent radin, le Beauceron est en fait simplement économe. Si le Beauceron par exemple ne vous offre pas à dîner, ce n’est pas par avarice, c’est par altruisme, c'est avant tout parce qu’il pense à votre santé et à votre tour de taille.

 

 De l’autre côté, qu’avons-nous ? A ma droite la Sologne. La Sologne qui se décline en plusieurs sous-civilisations, la Sologne cynégétique, la Sologne des étangs, la Sologne viticole, j'en passe et des meilleures.

On trouve en Sologne de modestes demeures en briques cachées au fond de petites propriétés de quelques centaines d’hectares qui témoignent d’une habileté à manier la truelle qui n’a rien à envier à la civilisation portugaise.

On trouve aussi en Sologne du pinard et non des moindres et du gibier à foison. Du gibier à foison, on en trouve surtout le dimanche quand on ouvre les cages où les faisans viendraient vous picorer  dans la main si on ne leur mettait pas un coup de pied au derrière pour essayer de les faire s’envoler. Forcément, avec du vin et du gibier, on trouve nécessairement en Sologne des chasseurs qui n’ont parfois rien à envier à leurs collègues du Bouchonnois. A la différence du Bouchonnois, en revanche, on ne trouve en Sologne que de bons chasseurs. Le bon chasseur, vous savez, c’est celui qui voit un truc et qui tire. Rien à voir avec le mauvais chasseur celui qui voit un truc et qui tire, mais bon c’est pas pareil…

 

Alors question du jour : la civilisation beauceronne est-elle supérieure à la civilisation solognote ? Ou la solognote dame-t-elle le pion à sa voisine d’outre-Loire ? Je vous propose de me faire parvenir vos réponses argumentées par courriel, et la meilleure d’entre elles permettra à son auteur de remporter son poids en bons de réductions sur les bidons de 5 litres d’Ariel fraîcheur.


Le cadeau est à la hauteur de l’enjeu, vous l’aurez remarqué. Franchement, les bobos bien-pensants, vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous la dent en ce moment ? On vous a pourtant connus moins offensifs !

Où étaient SOS Racisme et les chantres du politiquement correct quand Michel Delpech nous prenait pour des bouseux indécrottables avec sa mémorable chanson : « Le Loir-et-Cher » ? Si ça ce n’était pas de la discrimination, je veux bien manger mon chapeau, et pourtant ça ne choquait personne ; la discrimination serait-elle un concept à géométrie variable ?

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’influence difficilement perceptible de la nourriture bio sur l’alimentation d’Alberto Contador.

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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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