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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 20:40

13000 chômeurs de plus en février. Les chiffres sont frais, ils datent à peine de la semaine passée, et leur annonce est passée quasi-inaperçue. Certes, ceux qui s’en étonnent doivent être à peu près aussi nombreux que ceux qui s’en réjouissent. Certes encore, à côté d’un suicide en bonne compagnie (aérienne), que pèsent 13000 nouveaux exclus du marché du travail ou de ce qu’il en reste ?

Il s’en fallut de peu cependant que nous ratâmes au passage le grandiloquent commentaire de ces fameux chiffres par le ministre du chômage. Certes, pour lui, la tâche n’est pas facile. Déjà ministre de Hollande, ce n’est pas simple, à tel point que beaucoup ne s’en vantent pas.

Je vous mets par exemple au défi de me donner le nom du ministre des sports (Patrick Kanner) ou de la réforme de l’Etat (Thierry Mandon), ou des relations avec le parlement (Jean-Marie Le Guen), ou du numérique (Axelle Lemaire), ou du commerce (Carole Delga), ou de la famille (Laurence Rossignol), ou des handicapés (Ségolène Neuville), ou du droit des femmes (Pascale Boistard), j’en passe et des meilleurs, ou des pires…L’équipe Valls ressemble en fait à une espèce de ramassis d’illustres inconnus qui partagent tous la même et farouche volonté de préserver leur anonymat.

Je me suis surpris à lire pour préparer cette chronique la liste des membres du gouvernement Valls : ça fait à peu près le même effet que de lire le bottin. De temps en temps un nom qui raisonne, mais sinon, une foule d’anonymes ! Il y a tellement d’inconnus dans ce gouvernement, il y a tellement de ministres dont on n’entend jamais parler, que si ça se trouve, il y en a qui sont ministres sans le savoir. Ou alors, certains sont ministres la semaine et leurs proches ne sont même pas au courant. La famille, les potes, tout le monde croit qu’ils ont un job à Paris : ils partent bosser le lundi, ils reviennent le vendredi, le week-end ils viennent filer un coup de main à la buvette du club de foot, ils aident à monter les stands de la brocante mais en fait, personne ne sait qu’ils sont ministres. En même temps, on comprend qu’ils préfèrent rester discrets.

Foin des digressions ! Je m’égare sur le chemin d’une pensée lumineuse censée m’amener à vous dire que, contrairement aux obscurs hussards de la république déliquescente, Rebsamen est l’un des rares ministres dont le vulgus pecum connaisse à peu près le nom. Cependant, Rebsamen a hérité du poste dont personne ne voulait dans le gouvernement Valls : ministre du chômage. Interrogé peu après sa nomination, Rebsamen avait d’ailleurs confié à « Ici-Paris » (c’est vous dire si je vérifie mes sources), Rebsamen avait confié qu’il aurait préféré être nommé Ministre de la belote et du céleri remoulade plutôt que ministre du travail, mais le poste était déjà pris et puis vous savez ce que c’est, parfois, on fait contre mauvaise fortune bon cœur, en ces périodes où il n’y a pas de boulot, il s’agissait de ne pas faire le difficile.

N’empêche que c’est un poste compliqué, celui du Rebsamen. D’abord parce que son rôle à lui consiste à faire oublier les inepties de Moi Président, celui qui avait promis, rappelez-vous, qu’il inverserait la courbe du chômage avant la fin de l’année (à sa décharge, il n’avait pas précisé laquelle, d’année). Ensuite parce que c’est celui qui tous les mois, est chargé de venir annoncer la mauvaise nouvelle : « le mois dernier, le chômage a encore augmenté ». Sapin, Michel de son prénom, tous les mois du temps où il occupa ce poste délicat, se fendait invariablement d’un petit commentaire du genre : « mais ça va aller mieux », « si si je vous promets, on va y arriver ». Rebsamen avait au moins eu jusqu’à la semaine passée la délicatesse de ne pas nous infliger de commentaires optimistes.

Mais il a craqué, il n’y tenait plus, il n’a pas pu réprimer une envolée lyrique qui tenait en quelques mots : 13000 chômeurs de plus, déclara-t-il, certes, mais si on regarde sur les deux premiers mois de l’année, cela pourrait ressembler au début d’une bonne nouvelle.

C’est vrai qu’en économie, la psychologie, les « anticipations » pour parler économiste, font tout. Or, dire : "13000 chômeurs de plus, c’est le début d’une bonne nouvelle", c’est redonner un coup de fouet à la confiance défaillante des acteurs économiques. Il aurait même pu ajouter : à côté des 8 millions de chômeurs américains en 1931, cela me paraît même une excellente nouvelle.

La recette du succès est là : il faut déplacer les repères, il faut changer notre regard sur la statistique et les chiffres. Il faut amener la réalité là où l’on voudrait la trouver. Il suffirait par exemple d’exprimer le taux de chômage en litres, les déficits publics en décamètres et la popularité de Moi-Président en kilos pour que tous les indices prennent bonne tournure. Et si les indices prennent bonne tournure, la machine va se dégripper. Et si la machine se dégrippe, la croissance va revenir. Et si la croissance revient, le chômage va se résorber et moi je vais m’installer comme consultant en stratégie !

La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire de « François et la déculottée électorale », une comédie dramatique en deux tours et 2054 cantons.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:58

Elle s'est jetée sur moi ce week-end et me tient depuis enfermé dans la chambre. Trois jours déjà ensemble sous les draps et elle ne me laisse pas une minute pour écrire...c'est ça la grippe ! A la semaine prochaine.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 11:06

Pierre Dac le disait : rien n'est plus hebdomadaire qu'un quotidien qui paraît toutes les semaines...

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:33
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:30

Nom d’un cheval, l’actualité aurait de quoi désarçonner les plus belles intelligences, si tant est que l’on puisse définir ce qu’est une belle intelligence ou arriver à sa connaissance autrement qu’en chantant avec Brassens que « ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons ».

Comme le rappelait Aristote, et aussi ma grand-mère (mais elle eut moins de postérité éditoriale), il est des évidences qui ne se prouvent pas, et j’en veux pour preuve ce récent sondage sur le mouvement de grève des médecins qui s’opposent notamment à la généralisation du tiers-payant.

La généralisation du tiers payant reste quand même, au royaume de l’assistanat, le point de passage obligé de l’érection d’une médecine d’Etat dont l’efficacité crève les yeux, si l’on mesure par exemple le succès du système de santé anglais ou cubain, pour ne pas parler de celui regretté de la défunte U.R.S.S., mais mettons de côté aujourd’hui et l’érection et le débat philosophique pour revenir au susdit sondage, selon lequel, je n’invente pas, 60% des Français se prononcent en faveur de la généralisation du tiers payant pendant que 55% des Français se déclarent solidaires avec les médecins en grève.

Si 60% des gens sont d’accord avec une idée, et qu’en même temps 55% des gens sont d’accord avec une idée contraire, nous pouvons donc en déduire avec Jean-Marc Ayrault et Mireille Matthieu que nous sommes 115% en France, ce qui est une bonne nouvelle et confirme la vitalité, voire même la tonicité de la démographie française.

Nous pouvons également penser que les Français souffrent du syndrome dit de « toutes les mêmes, sauf maman » qui transforme le regard désapprobateur jeté sur un cas universel en un regard beaucoup plus tendre, compréhensif, sur le cas particulier de celui ou de celle que l’on connaît pour le fréquenter assidûment.

Nous pouvons enfin penser que des résultats aussi surprenants trahissent l’incommensurable stupidité des Français et je m’interroge donc : mais comment font-ils pour être aussi bêtes ? Comment font-ils ? Eh bien, ils regardent la télé, ça suffit. Le discours politique résonnait ces derniers jours autour de deux paradigmes : Marine Le Pen d’un côté, Zlatan Ibrahimovic de l’autre. Voilà les deux points de référence d’un débat public passionnant.

D’un côté, la question se résume en ces mots : comment éviter qu’un parti qui, malheureusement, rassemble de plus en plus d’électeurs, obtienne des élus ? Remarquons au passage que le Front National inspire au personnel politique une préoccupation exactement opposée à celle des écolos auxquels le Parti Socialiste a permis d’avoir une existence politique, des élus et même des ministres, sans avoir d’électeurs.

De l’autre côté, la question résonne : un Suédois est-il bien venu à traiter de « pays de merde » celui qui l’accueille ? A cette dernière question, la réponse est manifestement non, car ni la LICRA ni même le MRAP ne sont montés au front mettre en garde le peuple contre la tentation de la scandinavophobie.

Zlatan ou le Front, le Front ou Zlatan, voilà posés en deux mots les bases de la logorrhée officielle.

Cependant, parler des vrais enjeux des élections départementales relève de la gageure puisque la loi qui va réformer les collectivités territoriales n’a pas encore été votée. Cela signifie qu’on envoie les électeurs aux urnes sans qu’ils puissent savoir précisément pourquoi ils votent : qui pourrait donc imaginer qu’on nous prenne pour les imbéciles que nous sommes, à 115 % ?

La semaine prochaine, je comparerai les méthodes de Madame Irma et celles des instituts de sondage israéliens pour savoir lequel établit les prédictions les plus réalistes.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 07:31
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:11

Manuel Valls a peur. Pauvre biquet ! Quelqu’un pourrait-il lui apporter son doudou ou laisser la lumière allumée pour qu’il cesse de cauchemarder ? Manuel Valls a peur. Pas mal pour un Premier Ministre que de tenir ce genre de discours : drôle de façon de galvaniser les foules, surprenante manière d’enthousiasmer les masses, étonnant moyen de rassurer, d’inspirer confiance à des Français déjà prompts à douter de tout.

Ce n’est pas la première fois que Manuel Valls se trompe de registre. A la rentrée déjà, il avait exhorté ses concitoyens à prendre pitié de François Hollande en disant qu’il méritait notre « affection ». Notre affection, sa peur, jouer sur le registre des sentiments n’est ni sain, ni digne.

Sauf à parler d’enthousiasme ou de bonheur, il n’est pas sain de faire appel, quand on dirige un pays, à l’affect : cela ne tire pas le débat public vers le haut. Dans un moment et dans une fonction, où, plus que tout, il faut savoir raison garder, étaler sa peur ou réclamer notre affection est consternant, déplacé, navrant, triste, inconséquent. Lorsque le bateau prend l’eau, le rôle du capitaine n’est ni de courir le premier vers les chaloupes ni de nous infliger ses angoisses.

Ce n’est pas sain, et ce n’est pas surtout du niveau d’un Premier Ministre, que d’avoir pour seul leitmotiv public, face à une déculottée électorale annoncée, la peur. Est-ce la seule chose qui vous reste Monsieur Valls, que ce trouillomètre à zéro pour en faire ainsi étalage ? Votre bilan, qui est aussi celui de Moi-Président, ne serait-il donc pas si formidable ? N’avez-vous pas d’autre argument à faire valoir pour quémander des voix que la peur de l’autre ? Est-ce bien vous, le dirigeant moderne, énergique et volontariste de la France qui n’a à lui offrir comme seul espoir et horizon que la peur ?

Terrifiant aveu qu’un Valls qui pétoche ! Car Marine Le Pen doit tant à la gauche : elle n’est en grande partie que le produit de ses mensonges électoraux, de ses promesses intenables et irréalistes, de lendemains qui devaient nécessairement déchanter. Elle est le reflet de l’incompétence de notre classe politique. Sans l’incurable nullité de nos dirigeants, elle naviguerait dans l’ombre ou végèterait dans des scores mélenchonesques.

De façon terriblement factuelle, le Front National doit sa prospérité à la gauche : Mitterrand lui a permis d’entrer à l’Assemblée Nationale, cinq années de gouvernement Jospin ont propulsé Jean Marie Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, et enfin aujourd’hui, après trois ans à peine d’un quinquennat proprement catastrophique, Marine Le Pen atteint des sommets. Mais le scénario rêvé, imaginé par le machiavélique François Mitterrand, celui d’un Front National qui laisserait un boulevard à la gauche en étouffant la droite traditionnelle, ce scénario auquel Moi Président semble lui-même se raccrocher, ce scénario est en train de tourner au mauvais film : la créature diabolique de la gauche est en passe de devenir le fossoyeur de son mentor.

La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire des Argentins fourbes : des hommes qui sont un peu rotors…

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 08:06

(Encore) en vacances : je vais finir par faire concurrence à l'Education Nationale...

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:20
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 15:57
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  • Fabrice Dayron
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain.
Témoin intéressé de son époque.
  • Chef d'entreprise, chroniqueur et écrivain. Témoin intéressé de son époque.

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